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A rejoint ce serveur il y a 2 années, 4 mois

Vieux geek aigri, je cherche dans les livres à comprendre les humains et des graines de futurs un peu plus désirables. Mes goûts me poussent essentiellement vers les récits contemporains et l’anticipation.

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Livres de Clochix

a terminé la lecture de Impossibles adieux par Han Kang

Han Kang: Impossibles adieux (Paperback, français language, 2023, Grasset)

Comme un long songe d'hiver, ce nouveau roman de Han Kang nous fait voyager entre …

Étrange livre. C’est lent, c’est long, plein de digressions, et j’ai plusieurs fois eu envie d’abandonner la lecture. Mais quelque chose dans le ton m’en a retenu. C’est comme un songe, flou, poétique, et en le refermant je ne sais pas qu’en penser. Au moins m’a-t-il donné envie de me pencher sur l’histoire de la Corée, dont je ne connaissais que la guerre puis l’essor économique. J’ai découvert les dictatures et les successions de massacres, mis à jour récemment, de centaines de milliers de civils soupçonnés de sympathies rouges. Pour cela au moins, pour l’évocation de la mémoire des gens dont le massacre a été tu pendant des décennies, ce livre est important.

Zerocalcare, Zerocalcare, Brune Seban (traductrice): No sleep till Shengal (GraphicNovel, French language, 2023, Cambourakis)

Après Kobané, où il est allé en 2014 et où il a pu rencontrer l'armée …

Nouveau voyage de Zerocalcare pour essayer de mettre en lumière des gens qui luttent pour vivre, dans l’espoir que son témoignage les aide à ne pas se faire massacrer. Dans le nord de l’Irak vivent les Yézidis. Victimes d’un génocide par Daesh en 2014, les survivant·es essaient de créer une zone autonome. Évidemment, cette expérience démocratique ne plaît pas à toutes les autres puissances de la zone. On retrouve ici le ton, l’honnêteté du Zérocalcare de Kobané Calling, dans un registre un peu plus sombre si c’est possible, puisqu’il revient sur les massacres de 2014. Encore un album à lire, pour que cette belle expérience démocratique en cours ne sombre pas dans l’oubli, pour qu’elle ne se fasse pas éradiquer dans l’indifférence générale.

a terminé la lecture de Les Pizzlys par Jérémie Moreau

Jérémie Moreau: Les Pizzlys (GraphicNovel, French language, 2022, Delcourt)

[Résumé éditeur] Sur fond d'Anthropocène et d'humanité aliénée par ses GPS, Jérémie Moreau fait voyager …

Un rendez-vous manqué. C’est une jolie histoire, trois jeunes quittent Paris pour l’Alaska et découvrent qu’il existe d’autres manières d’habiter le monde, qu’il est possible d’imaginer un futur qui ne soit pas la catastrophe annoncée. J’ai trouvé certaines planches très jolies. Mais malheureusement je n’ai pas accroché au style graphique de l’auteur, et n’ai pas réussi à lâcher prise pour accepter le caractère onirique du voyage. C’est dommage, il faudra peut-être que je le relise dans un autre contexte.

a terminé la lecture de Maus par Art Spiegelman

Art Spiegelman, Judith Ertel: Maus (GraphicNovel, French language, 2019, Flammarion) Aucune note

«Art Spiegelman est le fils d’un des survivants des ghettos polonais. Né à Stockholm en …

Je remercie Donald Trump d’avoir interdit cet ouvrage, ça m’a donné l’occasion de le relire et de m’apercevoir que le souvenir que j’en avais était très déformé.

Et puis… Il y a 40 ans, à sa sortie, ce livre était un devoir de mémoire, un témoignage pour ne pas oublier les victimes de la barbarie humaine. J’ai l’impression qu’il prend aujourd’hui un second sens, celui d’un avertissement par rapport à ce qui nous pend au nez. Raison de plus pour lire et relire Maus…

a terminé la lecture de Mortelle par Christopher Frank

Christopher Frank: Mortelle (French language, 1983) Aucune note

Dans une société où toutes les maisons sont de verre, et dont les règles ne …

Dans Panorama, Lilia Hassaine imaginait des maisons aux murs transparents. Ça m’a rappelé ce court roman lu à l’adolescence. Étonnamment, il a survécu à tous mes déménagements et j’ai réussi à le retrouver. Mais dès la page de garde, le malaise s’est installé : la phrase en exergue est de Ayn Rand. Et effectivement, cette dystopie est une charge violente contre les dérives potentielles des idéologies plaçant le collectif au dessus de l’individu. Jusqu’à la caricature. Ainsi dans son enfance le héros a été puni car il a été deux mois de suite premier de sa classe, témoignant d’un esprit de compétition. D’un point de vue littéraire, ce court texte est une réussite, réussissant avec une économie de mots à créer un univers totalitaire glaçant. Mais d’un point de vue politique, c’est une apologie de l’individualisme.

Encore un livre lu trop jeune pour en comprendre les implications, et qui …

a terminé la lecture de Panorama par Lilia Hassaine

Lilia Hassaine: Panorama (French language, 2023, Éditions Gallimard) Aucune note

"C'était il y a tout juste un an. Une famille a disparu, là où personne …

Encore une dystopie se déroulant dans un futur proche, ici la france de 2050. Pour assurer la sécurité de la société, la transparence est de mise. Les bons citoyens vivent dans des maisons de verre, afin que chacun puisse veiller sur ses voisins. Les rares crimes sons punis par des tribunaux populaires et des votes sur Internet. L’idée est intéressante, mais je n’ai pas accroché à la réalisation. Le roman prend la forme du journal d’une policière, chargée d’enquêter sur la disparition d’une famille. Ça permet de rendre l’univers crédible, mais, toute l’histoire étant racontée de la plume de la protagoniste, le style est assez plat et on n’échappe pas à ses réflexions pleines de clichés. Quant à l’intrigue, je ne l’ai pas trouvée très originale. Bref, une petite déception par rapport aux critiques que j’avais lues à l’époque de la publication de cet ouvrage.

Hester Fox, Élisabeth Luc (traduction): La berceuse des sorcières (French language, 2023, Faubourg Marigny) Aucune note

Deux femmes. Une histoire de sorcellerie. Et un pouvoir féminin profondément enraciné qui résonne à …

Une lecture agréable et rapide, qui me laisse un sentiment mitigé. Un dénouement trop rapide qui m’a laissé sur ma faim. Des personnages à la psychologie peu creusée… Est-ce un récit d’émancipation teinté de romance, ou une romance utilisant la figure de la sorcière pour se donner un vernis féministe ? Bon, je ne vais pas bouder mon plaisir, malgré des réserves c’est un texte qui a fait agréablement passer le temps quelques heures durant.

Dorothy Allison, Michèle Valencia: L'histoire de Bone (French language, 1999, 10-18) Aucune note

En Caroline du Sud, les étés sont étouffants. Les soirées se passent sur la véranda, …

Le titre original, « Une bâtarde de Caroline », est peut-être plus parlant. Histoire d’une enfance dans une famille blanche pauvre dans le sud des États-Unis d’Amérique, dans les années 50. « White trash ». Entre souvenirs d’enfance. Famille nombreuse, non conventionnelle mais aimante. Une ribambelle de tantes et d’oncles, de cousins. Et un beau-père, violent et incestueux (TW : scènes d’agressions sexuelles et de viol). Bone, mais aussi sa mère et ses tantes, sont particulièrement attachantes. Ce récit, manifestement autobiographique, m’a touché.

a terminé la lecture de Mauvais Œil par Etaf Rum

Etaf Rum, Diniz Galhos (traduction): Mauvais Œil (French language, 2025, Éditions de l'Observatoire) Aucune note

Lorsque le proviseur de la fac où Yara travaille la convoque pour faute disciplinaire, c'est …

Dans son deuxième roman, Etaf Rum continue à raconter la vie des femmes d’origine palestinienne vivant aux États Unis d’Amérique. Elle s’intéresse ici à la génération suivante, celle née en Amérique et qui a eu accès à des études supérieures. J’ai bien aimé ce récit, mais l’ai trouvé un cran en dessous du Silence d’Isra. Il se concentre sur un seul personnage, Yara, et sur la transmission des traumatismes de génération en génération. J’avoue avoir parfois trouvé le temps un peu long, 400 pages à suivre l’évolution des états d’âme de l’héroïne et le délitement de son mariage. Heureusement, Etaf Rum a une jolie plume, et sait rendre Yara attachante. Une lecture bien agréable.

a terminé la lecture de Kobané calling par Zerocalcare

Zerocalcare, Brune Seban (traductrice): Kobané calling (GraphicNovel, French language, 2019, Cambourakis) Aucune note

Envoyé par l’Internationale (le Courrier international italien), Zerocalcare part aux confins de la Turquie, de …

C’est un carnet de voyage Gonzo à la découverte des combattantes kurdes en lutte contre Daech. Gonzo parce que l’auteur passe autant de temps à papoter avec son ami imaginaire et à se plaindre de la bouffe qu’à décrire son voyage. Si ça m’a un peu agacé au début, je me suis rapidement laissé prendre au ton, et surtout à l’honnêteté de Zerocalcare. En ne masquant rien de ses doutes et de ses difficultés, il livre un récit à hauteur humaine, dans lequel on peut facilement se glisser. Attention, les deux voyages évoqués ici datent de 2014 et 2016, la situation a beaucoup évolué depuis. Je regrette de ne pas avoir lu cet album plus tôt. Même si je suis de loin la belle aventure du Rojava, je gardais une certaine méfiance vis à vis du PKK, ses apparitions dans les manifs parisiennes m’en ayant laissé une image de secte …

Aude Mermilliod: Les Reflets changeants (GraphicNovel, French language, 2017, Le Lombard) Aucune note

Elsa, 22 ans, rêve d'amours simples et heureuses. Jean, 53 ans, rêve d'évasion et d'amarres …

J’aime décidément bien Aude Mermilliod. Tant son trait que sa tendresse pour ses personnages. Les reflets changeants met en scène quelques tranches de vie d’Elsa, une jeune femme amoureuse, Jean, fringant quinqua fou de sa fille, et Émile, vieux pied-noir à la santé déclinante. L’espace de quelques jours, leurs routes se croisent sur les bords de la méditerranée. Trois personnages complexes et touchants, et un album plein de soleil.

a terminé la lecture de Revoir Comanche par Romain Renard

Romain Renard: Revoir Comanche (GraphicNovel, French language, 2024, Le Lombard)

Quelque part au fin fond de la Californie, au début du XXe siècle, Cole Hupp …

Je me souviens de cette série dans le journal de Tintin des années 70, Red Dust, le cowboy et Comanche, la jolie propriétaire de ranch qui n’avait pas froid aux yeux. 50 ans ont passé depuis mon enfance, et 50 ans plus tard le « far west » a laissé place à la grande dépression, et Red Dust accuse le poids de ses 80 ans. J’ai beaucoup aimé l’ambiance crépusculaire de cet album, les dessins sombres, le héros fatigué, fragile, hanté par ses fantômes. Malheureusement, je n’ai plus qu’un très vague souvenir de la série originale, donc l’évocation des anciens personnages n’a éveillé en moi aucune nostalgie. Et le dénouement m’a un peu laissé sur ma faim. Dommage, la réputation qui précédait l’album et l’ambiance des premières planches m’avaient fait espérer autre chose.

a terminé la lecture de La Marque par Fríða Ísberg

Fríða Ísberg, Hadrien Chalard (traducteur): La Marque (French language, 2023, Robert Laffont) Aucune note

Reykjavík, Islande. Dans une société divisée, en perte de sens et de confiance, un test …

L’idée et la forme sont intéressantes. Une société qui valorise l’empathie au point de mettre en place un test d’empathie et de discriminer les gens qui y échouent. Les débats autour de ce test sont vus par les yeux de quatre personnages diversement affecté·es. Mais je n’ai pas du tout accroché, je n’ai pas réussi à éprouver d’empathie pour les personnages (oups !) et leurs histoires m’ont ennuyé. Dommage, un rendez-vous raté…

a terminé la lecture de Teheran Trip par Mahsa Mohebali

Mahsa Mohebali, Shabnam Jafarzadeh (traductrice): Teheran Trip (French language, 2023, La Croisée) Aucune note

Le Trainspotting iranien Shadi, jeune femme iranienne, plonge dans l’opium pour échapper à ses parents …

Un livre de 2008 qui bouscule ma vision de l’Iran. On est plus proche ici de la jeunesse dorée et défoncée des premiers livres de Bret Easton Ellis que des talibans. On suit pendant quelques heure Shadi, une jeune femme en quête de sa dose quotidienne, dans un Téhéran en prise à un tremblement de terre et des émeutes. On croise une jeunesse éprise de vie, de liberté et de défonce. Ce livre a été un succès à sa sortie et a valu à son autrice la prison. Aujourd’hui, elle a toujours interdiction d’écrire et de s’exprimer publiquement. Une raison de plus pour faire entendre sa voix.

Jeanne Puchol, Céline Bessière, Sibylle Gollac: Le Genre du capital (GraphicNovel, French language, 2023, Delcourt) Aucune note

Du haut en bas de la pyramide sociale, que l'on soit mère célibataire ou cocréatrice …

Sur le papier, l’égalité entre hommes et femmes existe depuis longtemps en matière d’héritage. Pourtant, en pratique, les inégalités subsistent dans le partage du capital. Les sociologues Céline Bessière et Sibylle Gollac travaillent sur le sujet depuis des années. Elles partagent leurs découvertes avec Jeanne Puchol, qui place dans la bouche d’une assemblée de chats les mille et unes entourloupes des notaires, avocats et familles, pour spolier les femmes. De la vulgarisation intelligente et joliment dessinée.