Vieux geek aigri, je cherche dans les livres à comprendre les humains et des graines de futurs un peu plus désirables. Mes goûts me poussent essentiellement vers les récits contemporains et l’anticipation.
Révélant une voix exceptionnelle, Homo sapienne suit la vie de cinq jeunes dans la ville …
Un roman résolument moderne, dans la forme comme dans le fond, montrant que la jeunesse groenlandaise est comme toutes les autres, elle boit, aime, couche, s’interroge sur son orientation sexuelle et son identité de genre. J’ai sans doute lu trop de livres similaires (l’aspect queer en moins), ou lu celui-ci au mauvais moment, en parallèle d’autres qui me touchaient davantage. J’ai été un peu déçu, mais ai trouvé cette lecture sympathique.
@ludovic@bw.heraut.eu c’est une question de goût. Je n’ai pas eu de coup de cœur pour le style graphique, mais l’ai trouvé agréable et servant le propos. Disons que ça n’est pas le principal intérêt de ce livre ;-)
Un jeune prof de lycée initie sa classe de terminale à la sociologie. Cette BD …
Ça y est, je ne suis plus une fraude, j’ai enfin lu Bourdieu ! Bon, une BD inspirée de Bourdieu. Disons que j’ai enrichi mon capital culturel de quelques notions de sociologie. Cet album est une passionnante introduction à la sociologie et aux travaux de Bourdieu. À travers un jeune prof de lycée, ses proches et ses élèves, Tiphaine Rivière illustre, au propre et au figuré, les notions de capital social et de reproduction. Elle mélange les mises en situation et les citations, le théorique et le pratique. Ça rend la lecture parfois exigeante, du moins d’où je pars, mais toujours passionnante. Je veux d’autres ouvrages de vulgarisation de cette qualité !
Ça y est, je ne suis plus une fraude, j’ai enfin lu Bourdieu ! Bon, une BD inspirée de Bourdieu. Disons que j’ai enrichi mon capital culturel de quelques notions de sociologie. Cet album est une passionnante introduction à la sociologie et aux travaux de Bourdieu. À travers un jeune prof de lycée, ses proches et ses élèves, Tiphaine Rivière illustre, au propre et au figuré, les notions de capital social et de reproduction. Elle mélange les mises en situation et les citations, le théorique et le pratique. Ça rend la lecture parfois exigeante, du moins d’où je pars, mais toujours passionnante. Je veux d’autres ouvrages de vulgarisation de cette qualité !
Elle s'appelait Suzanne Meloche et était née en 1926 à Ottawa. Un jour, elle décida, …
Tentative de portrait d’une femme et d’une époque. Le Québec des années 40 vit sous une chape de plomb morale, qu’un groupe de jeunes artistes essaie de secouer. L’héroïne du récit est une femme insaisissable, qui toute sa vie a refusé de s’attacher et ne s’est exprimée que par l’art. À sa mort, elle laisse dans la vie de ses proches un trou béant, que sa petite fille essaie de rapiécer, en imaginant sa vie, ses motivations. Des mots, une histoire, pour combler un vide, essayer de comprendre. Sortir de l’ombre aussi cette femme qui a participé à des évènements majeurs de son époque, le manifeste Refus global, les Freedom rides contre la ségrégation raciale… Ce livre me laisse un sentiment ambiguë. Je comprend la démarche de l’autrice, son besoin de combler un vide. Mais, en imaginant les motivations de sa grand-mère, est-ce qu’elle ne va pas à l’encontre des …
Tentative de portrait d’une femme et d’une époque. Le Québec des années 40 vit sous une chape de plomb morale, qu’un groupe de jeunes artistes essaie de secouer. L’héroïne du récit est une femme insaisissable, qui toute sa vie a refusé de s’attacher et ne s’est exprimée que par l’art. À sa mort, elle laisse dans la vie de ses proches un trou béant, que sa petite fille essaie de rapiécer, en imaginant sa vie, ses motivations. Des mots, une histoire, pour combler un vide, essayer de comprendre. Sortir de l’ombre aussi cette femme qui a participé à des évènements majeurs de son époque, le manifeste Refus global, les Freedom rides contre la ségrégation raciale…
Ce livre me laisse un sentiment ambiguë. Je comprend la démarche de l’autrice, son besoin de combler un vide. Mais, en imaginant les motivations de sa grand-mère, est-ce qu’elle ne va pas à l’encontre des volontés de celle-ci ? Respect pour les mortes et besoin des vivantes ne sont pas toujours compatibles. Cette réserve mise à part, j’ai beaucoup aimé ce portrait.
[Résumé éditeur] Plongez dans La Vie secrète des arbres avec le forestier le plus célèbre …
J’ai enfin lu cette fameuse BD, et elle est à la hauteur de sa réputation. C’est à la fois une magnifique déclaration d’amour et un livre puissant qui fait changer de regard. Une déclaration d’amour pour les arbres, en mots et en dessins. Et un livre qui me fait redéfinir la notion de vivant, pour y intégrer les végétaux, non plus d’un simple point de vue intellectuel, mais conscient. Je sais que certaines des thèses formulées par l’auteur sont contestées d’un point de vue scientifique. Mais qu’importe, ça n’est pas le propos. L’important est dans l’appel au respect pour une forme de vie très différente de la nôtre, mais qui n’en reste pas moins de la vie, précieuse.
J’ai enfin lu cette fameuse BD, et elle est à la hauteur de sa réputation.
C’est à la fois une magnifique déclaration d’amour et un livre puissant qui fait changer de regard.
Une déclaration d’amour pour les arbres, en mots et en dessins. Et un livre qui me fait redéfinir la notion de vivant, pour y intégrer les végétaux, non plus d’un simple point de vue intellectuel, mais conscient. Je sais que certaines des thèses formulées par l’auteur sont contestées d’un point de vue scientifique. Mais qu’importe, ça n’est pas le propos. L’important est dans l’appel au respect pour une forme de vie très différente de la nôtre, mais qui n’en reste pas moins de la vie, précieuse.
« La vieillesse est si longue qu’il ne faut pas commencer trop tôt », disait …
Je fais les choses à l’envers, en découvrant Florence Cestac par son dernier album. Un livre qui aborde par le prisme de l’humour cette grande peur, la vieillesse et ses maux. C’est parfois tendre, parfois caustique, j’ai bien aimé.
Elle s'appelait Suzanne Meloche et était née en 1926 à Ottawa. Un jour, elle décida, …
Parce que je suis en partie constituée de ton départ. Ton absence fait partie de moi, elle m’a aussi fabriquée. Tu es celle à qui je dois cette eau trouble qui abreuve les racines, multiples et profondes.
Ainsi, tu continues d’exister.
Dans ma soif inaltérable d’aimer.
Et dans ce besoin d’être libre, comme une nécessité extrême.
Mais libre avec eux.
Je suis libre ensemble, moi.
À la fin des années 50, dans la région de l'Aurès en Algérie, Naja élève …
25 ans de la vie d’une famille qui a quitté les montagnes de Kabylie pour un HLM en banlieue parisienne. Un récit doux-amer qui m’a fait un peu la même impression que La discrétion, de Faïza Guène : un livre trop court. On y croise de nombreux personnages intéressants, que l’on aurait envie de mieux connaître, mais les à peine 150 pages ne le permettent pas. Une lecture agréable, mais qui m’a laissé sur ma faim, tant pour les personnages que pour le style, assez neutre.
25 ans de la vie d’une famille qui a quitté les montagnes de Kabylie pour un HLM en banlieue parisienne.
Un récit doux-amer qui m’a fait un peu la même impression que La discrétion, de Faïza Guène : un livre trop court. On y croise de nombreux personnages intéressants, que l’on aurait envie de mieux connaître, mais les à peine 150 pages ne le permettent pas. Une lecture agréable, mais qui m’a laissé sur ma faim, tant pour les personnages que pour le style, assez neutre.
Les Aventures de China Iron, second roman de Gabriela Cabezón Cámara, célébré par la critique …
Un roman picaresque et queer, narrant une évasion et une émancipation. Plongée dans une région et une histoire que je ne connaissais pas du tout, la Pampa argentine à l’époque de la « conquête du désert », guerre du gouvernement argentin contre les populations natives. J’ai parfois eu un peu de mal à accrocher, quand les descriptions des violences de l’œuvre civilisatrice succédaient aux longues descriptions de paysages, et j’ai bien compris qu’il me manquait des références (le roman se veut un pendant à un texte fameux de la littérature argentine, imaginant la vie de l’épouse de ce héros populaire). Mais j’ai refermé le livre avec le sourire, tant est réjouissant ce récit de gens qui s’émancipent de tous les carcans, tant sont attachantes les deux héroïnes et leurs compagnes et compagnons.
Un roman picaresque et queer, narrant une évasion et une émancipation. Plongée dans une région et une histoire que je ne connaissais pas du tout, la Pampa argentine à l’époque de la « conquête du désert », guerre du gouvernement argentin contre les populations natives.
J’ai parfois eu un peu de mal à accrocher, quand les descriptions des violences de l’œuvre civilisatrice succédaient aux longues descriptions de paysages, et j’ai bien compris qu’il me manquait des références (le roman se veut un pendant à un texte fameux de la littérature argentine, imaginant la vie de l’épouse de ce héros populaire). Mais j’ai refermé le livre avec le sourire, tant est réjouissant ce récit de gens qui s’émancipent de tous les carcans, tant sont attachantes les deux héroïnes et leurs compagnes et compagnons.
Les deux amies s’étaient fait un serment : jamais elles ne se laisseraient aller à …
Des femmes et des enfants. L’une n’en veut pas, mais se prend d’affection pour un môme. L’autre en désirait et se retrouve pleine de doute lorsque sa fille naît lourdement handicapée. La troisième est débordée par un môme rejouant des traumatismes. J’ai bien aimé la lecture de ce court livre qui rappelle qu’il y a milles façons de « faire famille », de s’occuper d’enfants, de nouer des relations entre les générations. Avec en toile de fond les mouvements féministes contemporains au Mexique.
Des femmes et des enfants. L’une n’en veut pas, mais se prend d’affection pour un môme. L’autre en désirait et se retrouve pleine de doute lorsque sa fille naît lourdement handicapée. La troisième est débordée par un môme rejouant des traumatismes.
J’ai bien aimé la lecture de ce court livre qui rappelle qu’il y a milles façons de « faire famille », de s’occuper d’enfants, de nouer des relations entre les générations. Avec en toile de fond les mouvements féministes contemporains au Mexique.
Alors qu'elle est encore adolescente, Carole prend ses distances avec sa famille catholique et ses …
Un album difficile à lire jusqu’au bout. Je m’attendais au récit d’une relation d’emprise, au portrait d’un mec toxique. C’est pire. Car le conjoint de l’autrice est non seulement un mec abject qui la maltraite, vit à ses crochets, l’enferme via la maternité. Au fil des pages, il glisse progressivement vers le complotisme et l’extrême-droite, et y entraîne leurs enfants. C’est glaçant, étouffant. Le choix radical de raconter cette histoire avec un bic quatre-couleurs m’a un peu dérangé au début. Mais peu à peu l’expressivité des dessins s’est imposée/ Quand on a une histoire à raconter, et du talent, peu importe l’outil, un bic suffit. Ça m’a remué, j’en suis sorti avec un profond malaise.
Avertissements : violences physiques et psychologiques, viol, neo-nazisme.
Un album difficile à lire jusqu’au bout. Je m’attendais au récit d’une relation d’emprise, au portrait d’un mec toxique. C’est pire. Car le conjoint de l’autrice est non seulement un mec abject qui la maltraite, vit à ses crochets, l’enferme via la maternité. Au fil des pages, il glisse progressivement vers le complotisme et l’extrême-droite, et y entraîne leurs enfants. C’est glaçant, étouffant.
Le choix radical de raconter cette histoire avec un bic quatre-couleurs m’a un peu dérangé au début. Mais peu à peu l’expressivité des dessins s’est imposée/ Quand on a une histoire à raconter, et du talent, peu importe l’outil, un bic suffit.
Ça m’a remué, j’en suis sorti avec un profond malaise.
Avertissements : violences physiques et psychologiques, viol, neo-nazisme.
Si les révoltes d'esclaves sont connues, le rôle qu'y ont joué les femmes a souvent …
Le titre est trompeur. Il ne s’agit pas tant d’une histoire des femmes qui ont mené des révoltes d’esclaves, que de la difficulté pour les historien·nes d’exhumer ces histoires. Car que des femmes se révoltent, mènent des révoltes, est exclu. Les sources d’époque ont tu le nom et les actes de ces femmes, et les historiens contemporains n’avaient jusqu’à présent rien vu. On ne trouve que ce que l’on cherche, et lorsqu’on trouve ce que l’on ne cherchait pas, on ne le voit pas. Rebecca Hall raconte sa difficulté à retrouver la trace de ces femmes, leur effacement, et, faute de mieux, imagine l’histoire de quelques unes d’entre elles. On a voulu les effacer, il est quasiment impossible d’en apprendre beaucoup sur elles, mais les indices concordent, des femmes ont bien mené des révoltes, et il est grand temps de leur rendre justice.
« Tu ne seras jamais aimée de personne. Tu m'as dit ça, un jour, mon …
J’ai eu cette affiche sous les yeux pendant des années, je l’avais récupérée au collège, elle avait fait son temps je suppose, la responsable du CDI s’apprêtait à la jeter. J’avais tournicoté un moment autour de la corbeille en louchant sur la photo, je n’osais pas demander. Si elle te plaît tu peux la prendre. J’avais rougi en disant merci. (…) La responsable du CDI l’avait prestement enroulée et attachée avec un élastique. Tiens. On ne sait jamais ce que l’on donne. C’est cette photo qui m’a donné envie de faire des films. (…)
Dehors, le bruit des tirs s'intensifie. Rassemblés dans la cour de l'école, les élèves attendent …
Coup de cœur inattendu pour ce livre découvert par hasard. Une histoire à deux voix, sur 40 ans, d’amour entre une fille et son père. Deux mauvaises herbes qui poussent librement, hors des sentiers battus, s’aiment à distance mais sont incapables de se le dire. Avec en toile de fond la tragédie libanaise. Pourtant d’ordinaire je ne suis guère amateur de ce genre de récits introspectifs, où le je rythme chaque phrase. Mais je me suis laissé prendre à la plume sensible, poétique, de Dima Abdallah, à ses phrases qui disent l’amour impossible à exprimer, la détresse, l’exil sur une autre terre ou sur sa propre terre assassinée. Les cafés, les cigarettes et les plantes qu’on s’obstine à soigner sur un balcon. Une très belle découverte.
Emily St. John Mandel renouvelle le thème classique du voyage dans le temps à sa …
Comme à chaque fois que j’ai trop attendu de lire un livre, je ressors de cette Mer de la Tranquillité un peu déçu. C’est très bien mais pas tout à fait ce que j’attendais. J’avais adoré l’Hôtel de verre, et avais cru comprendre que ce nouveau roman mettait en scène certains de ses personnages. C’est vrai, mais ce ne sont que des caméos, des clins d’œil, qui n’enrichissent pas vraiment l’histoire précédente, comme je l’avais espéré. Reste une histoire de voyages dans le temps, avec ses indispensables paradoxes, qui ne m’a pas complètement convaincu, des personnages que j’ai trouvés moins attachants que dans les précédents romans de l’autrice, mais heureusement toujours son talent de conteuse. Une expérience en demi-teinte, mais bien agréable.