Clochix a répondu au statut de Michaël Parienti
@mparienti@piaille.fr c’est une maison d’édition spécialisée dans les romans sur l’adolescence www.labellecolere.com/
Vieux geek aigri, je cherche dans les livres à comprendre les humains et des graines de futurs un peu plus désirables. Mes goûts me poussent essentiellement vers les récits contemporains et l’anticipation.
Ce lien ouvre une nouvelle fenêtre
@mparienti@piaille.fr c’est une maison d’édition spécialisée dans les romans sur l’adolescence www.labellecolere.com/
Je suis une fille de l'hiver, de Laurie Halse Anderson
Avertissement : mentions de troubles du comportement alimentaire et d’auto-mutilation.
Une lecture difficile. Lia, une adolescente de 18 ans, vient d’apprendre la mort de Cassie, son amie d’enfance avec laquelle elle avait rompu quelques mois plus tôt. Elle se remémore comment, s’encourageant l’une l’autre, elles se sont progressivement enfoncées dans l’anorexie.
Une lecture très dure. Lia raconte de l’intérieur l’anorexie, la petite voix qui lui murmure qu’elle est trop grosse, son quotidien fait de manœuvres pour tromper ses proches et ne pas être à nouveau internée, et tout ce qu’elle s’inflige pour perdre du poids ou se punir. Le fantôme de son amie qui l’appelle.
Ce récit, nourrit de témoignages que l’autrice a reçu de lectrices, est profondément touchant, plus encore que Speak et Ma mémoire et un couteau. Laurie Halse Anderson arrive à nous faire …
Je suis une fille de l'hiver, de Laurie Halse Anderson
Avertissement : mentions de troubles du comportement alimentaire et d’auto-mutilation.
Une lecture difficile. Lia, une adolescente de 18 ans, vient d’apprendre la mort de Cassie, son amie d’enfance avec laquelle elle avait rompu quelques mois plus tôt. Elle se remémore comment, s’encourageant l’une l’autre, elles se sont progressivement enfoncées dans l’anorexie.
Une lecture très dure. Lia raconte de l’intérieur l’anorexie, la petite voix qui lui murmure qu’elle est trop grosse, son quotidien fait de manœuvres pour tromper ses proches et ne pas être à nouveau internée, et tout ce qu’elle s’inflige pour perdre du poids ou se punir. Le fantôme de son amie qui l’appelle.
Ce récit, nourrit de témoignages que l’autrice a reçu de lectrices, est profondément touchant, plus encore que Speak et Ma mémoire et un couteau. Laurie Halse Anderson arrive à nous faire ressentir les souffrances de ses héroïnes, et porte toujours sur elles un regard tendre.
Ma mémoire est un couteau, de Laurie Halse Anderson.
Depuis ses 12 ans, Hayley vit sur la route, avec son père, vétéran des guerre d’Irak et d’Afghanistan. C’est elle qui doit gérer ses crises, lorsque ses souvenirs viennent le hanter. Pour la dernière année de lycée, tous les deux reviennent s’installer dans leur ville natale.
Ayant adoré Speak, j’ai lu les deux autres romans de Laurie Halse Anderson, et les ai pareillement aimés. Touché par Hayley, à la fois si forte lorsqu’il s’agit de s’occuper de son père, et ado larguée au lycée. C’est un beau livre sur l’amour d’une fille pour son père. En toile de fond, la place des vétérans aux États-Unis, un pays perpétuellement en guerre mais qui a du mal à gérer les traumatismes sur son propre sol de ses guerres.
Avertissement : mention de viol et de harcèlement.
Speak est un roman graphique d’Emily Carroll d’après le récit partiellement auto-biographique de Laurie Halse Anderson. Melinda est une adolescente qui fait son entrée au lycée. Lors d’une fête à la fin du collège, un garçon l’a violé. Elle n’a réussi à en parler à personne, mais son comportement lui a attiré l’inimitié de ses camarades. Au fil de courts chapitres, elle raconte son quotidien, sa première année de lycée, le harcèlement, son décrochage progressif et le mutisme dans lequel elle s’enfonce. Le tout narré sur un ton doux-amer. J’ai beaucoup aimé la narration et les graphismes, on accompagne Melinda dans sa descente, mais on partage aussi ses moments de résistance. Un livre dur, forcément, mais d’où la résistance et l’espoir ne sont pas absents.
Avertissement : mention de viol et de harcèlement.
Speak est un roman graphique d’Emily Carroll d’après le récit partiellement auto-biographique de Laurie Halse Anderson. Melinda est une adolescente qui fait son entrée au lycée. Lors d’une fête à la fin du collège, un garçon l’a violé. Elle n’a réussi à en parler à personne, mais son comportement lui a attiré l’inimitié de ses camarades. Au fil de courts chapitres, elle raconte son quotidien, sa première année de lycée, le harcèlement, son décrochage progressif et le mutisme dans lequel elle s’enfonce. Le tout narré sur un ton doux-amer. J’ai beaucoup aimé la narration et les graphismes, on accompagne Melinda dans sa descente, mais on partage aussi ses moments de résistance. Un livre dur, forcément, mais d’où la résistance et l’espoir ne sont pas absents.
Mauvaise herbe, de Keigo Shinzō.
Un manga en 4 tomes narrant la rencontre de deux solitudes. Une adolescente maltraitée par sa mère et qui fugue. Un homme inconsolable du décès de sa fille. Le récit est dur, forcément, décrivant la violence de la société japonaise pour les jeunes filles, entre prédateurs sexuels et harcèlement scolaire. Mais l’histoire n’est jamais glauque, et offre des passages lumineux. Jusqu’à une fin, que je ne dévoilerai pas, mais qui permet de s’interroger sur le récit qu’on vient de lire.
Petite déception que ce roman qui se présente comme un antépisode de La servante écarlate.
Dans le monde contemporain, l’évolution semble faire demi-tour, et l’ensemble des espèces se mettent à régresser. Aux États-Unis, des factions religieuses en profitent pour prendre le pouvoir et le contrôle sur le corps des femmes. Chaque femme enceinte doit être internée pour qu’on veille sur elle. Cedar est une jeune femme d’origine amérindienne adoptée à sa naissance par un couple de bourgeois blancs progressistes. La crise la rattrape au moment où elle tombe enceinte et part sur les traces de sa mère biologique.
J’ai dévoré le premier tiers du livre, qui présente une galerie de personnages attachantes et met en place le décor. Hélas, le récit m’a progressivement perdu, en multipliant les péripéties et restant très flou sur les motivations des protagonistes, et j’ai trouvé la fin un peu déroutante.
Malgré cette …
Petite déception que ce roman qui se présente comme un antépisode de La servante écarlate.
Dans le monde contemporain, l’évolution semble faire demi-tour, et l’ensemble des espèces se mettent à régresser. Aux États-Unis, des factions religieuses en profitent pour prendre le pouvoir et le contrôle sur le corps des femmes. Chaque femme enceinte doit être internée pour qu’on veille sur elle. Cedar est une jeune femme d’origine amérindienne adoptée à sa naissance par un couple de bourgeois blancs progressistes. La crise la rattrape au moment où elle tombe enceinte et part sur les traces de sa mère biologique.
J’ai dévoré le premier tiers du livre, qui présente une galerie de personnages attachantes et met en place le décor. Hélas, le récit m’a progressivement perdu, en multipliant les péripéties et restant très flou sur les motivations des protagonistes, et j’ai trouvé la fin un peu déroutante.
Malgré cette légère déception par rapport à mes attentes, ça n’en a pas moins été une lecture agréable, avec des personnages fortes et attachantes, des réflexions sur l’identité, la maternité et la fin du monde qui vient.
VendrediLecture
Un roman dérangeant, qui raconte l’aliénation de l’intérieur. De petits extraterrestres échoués sur Terre ont transformé les humains en montures, les traitant comme nous traitons les chevaux, un esclavage maquillé en fascination bienveillante. Charley est un adolescent destiné à devenir un champion, une monture de prestige. Il est heureux de son sort, fier de l’avenir qui lui est promis. Jusqu’à ce qu’il rencontre son père, qui des années auparavant s’est rebellé et enfui. Et Charley se retrouve déchiré entre son éducation de monture, son affection pour l’enfant qui le monte, et ce que les humains libres attendent de lui. Je n’ai pas vraiment accroché à l’intrigue ni à l’ambiance du roman. Mais je ne regrette pas cette lecture, parce qu’elle m’a mis mal à l’aise. C’est une parfaite illustration de la servitude volontaire, de l’attachement possible à nos chaînes et au relatif confort que la soumission procure parfois.
Un roman dérangeant, qui raconte l’aliénation de l’intérieur. De petits extraterrestres échoués sur Terre ont transformé les humains en montures, les traitant comme nous traitons les chevaux, un esclavage maquillé en fascination bienveillante. Charley est un adolescent destiné à devenir un champion, une monture de prestige. Il est heureux de son sort, fier de l’avenir qui lui est promis. Jusqu’à ce qu’il rencontre son père, qui des années auparavant s’est rebellé et enfui. Et Charley se retrouve déchiré entre son éducation de monture, son affection pour l’enfant qui le monte, et ce que les humains libres attendent de lui. Je n’ai pas vraiment accroché à l’intrigue ni à l’ambiance du roman. Mais je ne regrette pas cette lecture, parce qu’elle m’a mis mal à l’aise. C’est une parfaite illustration de la servitude volontaire, de l’attachement possible à nos chaînes et au relatif confort que la soumission procure parfois.
Selon les bons pères de famille, les hommes qui commettent des violences dans la sphère intime, en coulisse de l'exercice de leur pouvoir, ne devraient être sanctionnés ni publiquement ni socialement afin qu’ils continuent à enrichir le monde de leurs apports et de leurs compétences hors normes. C’est comme si, pour récompense de leurs œuvres, ils recevaient, par une transaction symbolique, l’impunité en matière de violences sexistes et sexuelles, ainsi que l'assurance qu’elles seront disqualifiées (…)
Quand des militantes féministes s’opposent au principe voulant qu'on sépare l’homme de l’Artiste, elles demandent simplement de ne pas oublier les crimes et les délits de l’homme au nom de la qualité des œuvres. C’est logique, cela relève du bon sens, puisque quand on consomme les œuvres de l'artiste, on enrichit l’homme, en capital social et économique, c’est-à-dire en influence et en argent. Celui-ci dispose alors de davantage de moyens pour assumer le coût financier de sa défense et son impunité grandit avec le soutien qu’on lui apporte. (…)
On est en droit de se demander : pourquoi les bons pères de famille tiennent-ils telle- ment à consommer les œuvres d’hommes violents ? Je crois qu’ils aiment surtout avoir la liberté de le faire. Il y a une part de cynisme et d’opportunisme chez les plus puissants d’entre eux, ceux qui disposent des ressources et de l'autorité à agir contre l’avis du plus grand public. Quelle meilleure illustration que la déclaration de Thierry Frémaux, délégué général du Festival de Cannes, dans l’émission C ce soir au sujet de Johnny Depp, qu'il a invité à faire l'ouverture du festival en 2023. Il feint d’abord de ne pas comprendre la polémique soulevée par la présence de l'acteur : « S’il y a quelqu'un au monde qui ne s’est pas du tout intéressé à ce procès qui l’a opposé à son ex-femme, c’est moi. » Affirmer qu'on n’a pas suivi une des plus grandes affaires médiatiques de la décennie quand on invite son principal protagoniste c'est, au choix, de la mauvaise foi ou du mépris. Il concède plus tard: « J'ai suivi comme ça, mais j’m’en fous. » Au moins c’est clair : ils ont Le luxe de « se foutre » d’un procès qui marque jusqu'ici le plus grand revers de la révolution culturelle #MeToo, de douze faits de violences conjugales sur quatorze reconnus par un juge anglais en 2020, ou de ce texto de Johnny Depp évoquant Amber Heard qui, à lui seul, devrait interroger la société dans son ensemble: « Je vais baiser son cadavre brûlé après coup, pour m’assurer qu’elle est morte. » C’est que les œuvres et le bon plaisir des patriarches comptent plus que le respect de l'intégrité physique et psychologique de leur entourage.
Rose Lamy a publié sur Twitter quelques extraits de son essai En bons pères de famille, estimant que l’actualité illustrait parfaitement son propos. nitter.net/preparezbagarre/status/1740669102212190621
@l_inadapte@framapiaf.org Au temps pour moi, je n’avais pas regardé au bon endroit. Merci pour le lien, il y a des choses assez jolies dans son portfolio.
@l_inadapte@framapiaf.org Au temps pour moi, je n’avais pas regardé au bon endroit. Merci pour le lien, il y a des choses assez jolies dans son portfolio.
@Neurone@masto.bike oui, c’est le principe de la collection. Mais pour ce titre, je trouve que c’est un peu gâcher d’inventer un tel univers pour n’offrir qu’une heure de ballade en son sein. J’aimerais que suite au succès de Rossignol, elle reprenne et approfondisse l’univers. Mettons trois ou quatre tomes de 500 pages, ça serait bien ;-)
@l_inadapte@framapiaf.org j’ai trouvé le nom de Luc Doligez pour la conception graphique, mais je ne sais pas s’il est l’auteur de la couverture.
C’est un roman un peu frustrant que Rossignol. En quelques pages, Audrey Pleynet bâtit un univers passionnant. Une station spatiale où cohabitent et s’hybrident de nombreuses espèces, où s’invente une cohabitation inter-espèces prenant en compte les spécificités physiques et culturelles de chacune. C’est narré avec une plume poétique, que j’ai trouvé une peu déroutante au début mais agréable. Mais hélas, pourquoi faut-il que le livre soit si court ? À peine plus d’une centaine de page. Ça ne laisse guère de place pour développer cet univers, pourtant très prometteur. En si peu de pages, l’intrigue m’a semblé un peu bâclé, simple prétexte pour une visite beaucoup trop rapide de la la station. L’univers créé est si vaste, la diversité des personnages si passionnante, j’aurais aimé avoir plus de pages pour les côtoyer, pour les explorer. Bref, j’ai adoré me plonger dans ce livre mais il m’a laissé sur ma faim. …
C’est un roman un peu frustrant que Rossignol. En quelques pages, Audrey Pleynet bâtit un univers passionnant. Une station spatiale où cohabitent et s’hybrident de nombreuses espèces, où s’invente une cohabitation inter-espèces prenant en compte les spécificités physiques et culturelles de chacune. C’est narré avec une plume poétique, que j’ai trouvé une peu déroutante au début mais agréable. Mais hélas, pourquoi faut-il que le livre soit si court ? À peine plus d’une centaine de page. Ça ne laisse guère de place pour développer cet univers, pourtant très prometteur. En si peu de pages, l’intrigue m’a semblé un peu bâclé, simple prétexte pour une visite beaucoup trop rapide de la la station. L’univers créé est si vaste, la diversité des personnages si passionnante, j’aurais aimé avoir plus de pages pour les côtoyer, pour les explorer. Bref, j’ai adoré me plonger dans ce livre mais il m’a laissé sur ma faim. J’en attendais peut-être trop, du fait des nombreuses louanges qu’il reçoit.
Ayant lu de bonnes critiques du dernier livre de Celeste Ng, Nos coeurs disparus, j’ai voulu découvrir cette autrice en empruntant un de ses précédents ouvrages, La saison des feux, à la bibliothèque. Une artiste nomade et sa fille arrivent dans un quartier huppé d’une ville étasuninienne, peuplé de familles parfaites, aimantes et progressistes. Naturellement, le vernis via bientôt craquer, dévoilant l’hypocrisie des unes et des autres. Une satire sociale somme toutes assez classique, agréable à lire, mais qui m’a laissé indifférent. Quelques personnages un peu attachantes, des demi-mystères mais pas énormément de suspense.
Ayant lu de bonnes critiques du dernier livre de Celeste Ng, Nos coeurs disparus, j’ai voulu découvrir cette autrice en empruntant un de ses précédents ouvrages, La saison des feux, à la bibliothèque. Une artiste nomade et sa fille arrivent dans un quartier huppé d’une ville étasuninienne, peuplé de familles parfaites, aimantes et progressistes. Naturellement, le vernis via bientôt craquer, dévoilant l’hypocrisie des unes et des autres. Une satire sociale somme toutes assez classique, agréable à lire, mais qui m’a laissé indifférent. Quelques personnages un peu attachantes, des demi-mystères mais pas énormément de suspense.
@supersarma@piaille.fr non, désolé, je lis essentiellement de la fiction. Quoique, une de mes références sur le sujet, c’est le blog affordance.framasoft.org/ Je n’ai pas lu les livres d’olivier Ertzscheid, mais je suppose qu’ils sont tout aussi pertinents que son carnet.
@supersarma@piaille.fr non, désolé, je lis essentiellement de la fiction. Quoique, une de mes références sur le sujet, c’est le blog affordance.framasoft.org/ Je n’ai pas lu les livres d’olivier Ertzscheid, mais je suppose qu’ils sont tout aussi pertinents que son carnet.
Alors que je m’apprêtais à quitter les toilettes, je remarquais un petit graffiti derrière la cuvette. C’était du français. « Nous tisserons le linceul du vieux monde » disait le tag. (…) Pour ce que j’y connaissais, ç’aurait pu être de Claude François. Je connaissais peut-être cinq ou six hommes de lettre de l’ancien temps, dont Elton John.
— Les flibustiers de la mer chimique de Marguerite Imbert (Page 46)