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Clochix Compte verrouillé

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A rejoint ce serveur il y a 2 années, 6 mois

Vieux geek aigri, je cherche dans les livres à comprendre les humains et des graines de futurs un peu plus désirables. Mes goûts me poussent essentiellement vers les récits contemporains et l’anticipation.

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Livres de Clochix

Maria Pourchet: Toutes les femmes sauf une (French language, 2018, Fayard/Pauvert) Aucune note

Dans une maternité, une femme épuisée, sous perfusion. Elle vient d’accoucher d’une fille, Adèle, et …

Un court texte qui m’a laissé un sentiment ambiguë. D’un côté, c’est une charge au style enflammé contre les violences des femmes contre les autres femmes : la transmission de la soumission de mère en fille au fil des générations, mais aussi la maltraitance de certaines soignantes à l’encontre des femmes dans les maternité. Un texte que j’ai trouvé fort. Mais le récit à la première personne, s’il donne de la force au propos, m’a donné l’impression d’assister à un règlement de compte entre une fille et sa mère, d’être voyeur de choses un peu trop intimes. Je ne sais pas si le texte est auto-biographique, mais la possibilité qu’il le soit m’a gêné et empêché de vraiment l’apprécier.

Catherine Pioli: Globules et conséquences (GraphicNovel, French language, 2018, Vents d'Ouest) Aucune note

Un témoignage poignant sur le combat face à la maladie

La vie de Catherine, …

À 32 ans, Catherine, jeune femme vivant à Paris, est atteinte d’une leucémie. Pendant plusieurs mois, elle va documenter l’évolution de la maladie et sa lutte contre. J’ai ressenti une certaine dissonance à la lecture de cette histoire. Le style et le ton sont ceux de blogs BD, assez légers. Mais le sujet est sérieux, et prend à la gorge à mesure que la maladie évolue. Le récit alterne anecdotes sur son quotidien et planches pédagogiques sur la maladie. Il faut saluer le courage de Catherine Pioli d’avoir documenté pour nous sa maladie. Au delà de l’histoire même, ce livre est aussi un rappel de combien la Sécu est un bien collectif précieux, qui permet à chacun et chacune, quels que soient ses moyens, de bénéficier des meilleurs traitements. Je suis ressorti de cette lecture secoué, et renforcé dans ma conviction de l’impérative nécessité de défendre notre système de santé.

a terminé la lecture de Punk à sein par Magali Le Huche

Magali Le Huche: Punk à sein (GraphicNovel, French language, 2025, Charivari) Aucune note

Après Nowhere Girl, album dans lequel elle révélait comment les Beatles lui avaient permis de …

Magali Le Huche est depuis toujours fan des Beatles. À l’aube de la quarantaine, elle apprend qu’elle est atteinte d’un cancer du sein agressif, et, au cours de sa lutte, rencontre le fantôme de Joe Strummer. Si le style graphique de Magali Le Huche n’est pas trop ma tasse de chicorée, j’ai beaucoup aimé ce récit pour son ton et la personnalité de l’autrice. Humour, combativité, sororité. J’ai le privilège de vivre dans une bulle où aucune de mes proches n’a chopé ce crabe, qui restait donc pour moi très abstrait. Ce récit a le mérite de le rendre plus concret, de commencer à me faire prendre conscience de certaines choses. Bon, par contre, même si ça présence est plaisante, je n’ai toujours pas compris ce que Joe Strummer venait faire là, si ce n’est qu’une énergie punk irrigue tout l’album.

a terminé la lecture de Baby Jane par Sofi Oksanen

Sofi Oksanen, Sébastien Cagnoli (traduction): Baby Jane (French language, 2014, Stock) Aucune note

Qu’est-il arrivé à Piki, la fille la plus cool d’Helsinki, qui vit désormais recluse dans …

Encore un livre dont la lecture a été parasitée par un malentendu sur le résumé. L’« entreprise d'un goût douteux pour exploiter la faiblesse des hommes » m’avait fait imaginer un roman misandre, mais la dite entreprise est juste un commerce de vêtements à destination de fétichistes, assez anecdotique dans l’histoire. Ce dont parle vraiment ce livre, ce n’est ni de misogynie, ni d’amours lesbiennes, mais de troubles mentaux et de phobie sociale. Il m’a fallu la moitié du livre avant de réviser mes attentes, et de m’adapter à ce récit, mais une fois dedans la fin de l’histoire m’a touché.

Mathieu Palain, Valentin Maréchal: Nos pères, nos frères, nos amis (GraphicNovel, French language, 2025, Steinkis) Aucune note

L'adaptation en roman graphique de l'essai best-seller de Mathieu Palain.

Si les monstres n'existent …

Mathieu Palain a réalisé un reportage radiophonique sur les groupes de parole pour des hommes auteurs de violences conjugales. Si ce reportage a eu du succès, il a eu l’impression de ne pas être allé assez loin et a continué pendant plusieurs années son enquête, en tirant un livre, dont cette BD est une adaptation. J’ai une réserve sur le titre de l’essai : pourquoi s’arrêter à nos pères, nos frères, nos amis, alors qu’au fil de sa réflexion, il prend conscience que chacun, y compris lui, moi, peut être auteur de violences ? C’est dans notre tête qu’il creuse pour mettre à jour les mécanismes susceptibles de déclencher la violence. C’est une lecture difficile, qui gratte, mais que je recommande vraiment. Parce qu’elle casse les clichés. Parce qu’elle balaie un panorama assez large de situations, ne masque pas la complexité du sujet, et nous oblige à réfléchir à nos …

a terminé la lecture de Zoé par Chabouté

Chabouté: Zoé (GraphicNovel, French language, 1999, Vents d'Ouest) Aucune note

Après dix ans passés en prison Zoé n'a plus peur de la solitude. Aussi, à …

Tout juste sortie de prison, une jeune femme s’installe dans la maison de sa défunte grand mère, dans un hameau où le temps semble s’être arrêtée. Une héroïne lumineuse dans un environnement très sombre. Si le dénouement ne m’a pas convaincu, j’ai adoré les dessins et l’ambiance de cet album.

a terminé la lecture de Libres d'obéir par Johann Chapoutot

Johann Chapoutot, Philippe Girard: Libres d'obéir (GraphicNovel, French language, 2025, Casterman)

Libres d'obéir ou comment le management moderne trouve certaines de ses racines dans l'organisation nazie. …

Encore une déception. Je n’ai accroché ni à la forme ni au fond. Sur la forme, c’est un résumé du livre de Chapoutot, à coup de phrases courtes et de mots allemands écris en gros. Les illustrations servent surtout à aérer le texte, l’intrigue contemporaine censée servir de liant est anecdotique. La mise en page est agréable durant les premières pages, mais son caractère répétitif m’a vite lassé. Sur le fond, pas mal de choses intéressantes, sur le nazisme (certains aspects évoquent de manière frappante le second mandat de Trump) et la reconversion des dignitaires nazis en RFA. Par contre, je n’ai pas trouvé convainquante la thèse du lien avec le management moderne. Du moins, moins que dans certaines recensions des thèses de Chapoutot lues ailleurs.

Estelle-Sarah Bulle: Là où les chiens aboient par la queue (French language, 2018, Liana Levi) Aucune note

Dans la famille Ezechiel, c'est Antoine qui mène le jeu. Avec son "nom de savane", …

Une jeune femme née en région parisienne interroge ses tantes et son père sur leur enfance en Guadeloupe. J’ai bien aimé cette chronique familiale s’étirant sur un demi-siècle. Pour ses personnages, notamment Antoine, la sœur aînée. Pour la découverte de la Guadeloupe, la vie quotidienne, la petite et la grande histoire dans les années d’après guerre. C’est un récit doux avec des personnages attachantes, un récit manifestement fortement inspiré de la famille de l’autrice. Le tout est narré dans une langue vivante, matinée de quelques expressions créoles. Une belle découverte.

Saha Khalifa, Mohamed Maouhoub (traduction): L'impasse de bab-essaha (French language, 2015, Elyzad) Aucune note

En Cisjordanie occupée, soldats israéliens et jeunes Palestiniens s'affrontent à combat ouvert dans les rues. …

Même si formellement ça n’est pas le cas, ce livre m’a fait penser à un huis-clos où s’affrontent trois femmes très différentes et attachantes chacune à sa manière. Ça se passe en Cisjordanie occupée durant la première Intifada, avec en toile de fond la violence de l’armée israélienne. Sitt Zakia la vieille sage femme, Samar la jeune militante idéaliste, et Nouzha à la réputation sulfureuse se retrouvent au chevet d’un jeune combattant. À mesure qu’elles discutent, leurs histoires s’éclaire. J’ai bien aimé le ton, le style de ce court récit, les personnalités toutes en nuances des protagonistes. C’est un témoignage, un hommage aux femmes palestiniennes, et une œuvre littéraire qui touche à l’universel.

Christophe Girard, Kudret Gunes: La liberté dans le sang (GraphicNovel, French language, 2024, MARAbulles) Aucune note

Rojîn fuit la France après un mariage forcé et part rejoindre des femmes kurdes à …

Une plongée au fond de l’horreur. Jeune femme kurde à Paris, Rojîn fuit au Kurdistan pour échapper à un homme turc qui veut l’épouser de force. Confrontée aux violences des policier turcs, elle rejoindra la résistance armée à Kobané, avant d’être capturée par Daesh. J’ai serré les dents tout le long, espérant que le cycle de violences s’arrête. Hélas, si l’histoire est fictive, elle est inspirée de nombreuses histoires vraies. Un livre éprouvant où se côtoient le pire de l’humanité et la force extraordinaire d’une femme qui n’arrête jamais de se battre. Le dernier chapitre de l’histoire m’a semblé superflu, mais qu’importe. J’ai trouvé cette lecture dure, mais pudique, la violence, l’horreur sont partout mais le récit ne s’y complaît pas. Alors que les Kurdes de Syrie font face à de nouvelles attaques et sont lâché·es par tout le monde, il est important de ne pas fermer les yeux sur …

Mirion Malle: Le Problème avec les fantômes (GraphicNovel, Français language, 2025, Glénat Éditions)

Combien de temps vivent les fantômes ?

Un soir d’été, quatre amies dans la …

Deuxième déception. J’entends parler depuis longtemps de Mirion Malle et me réjouissais que la bibliothèque ait acquis sa nouvelle BD. Mais j’ai trouvé cette histoire de deuil trop intime. Un jeune homme est mort. Quelques mois plus tard, le temps d’une soirée, on découvre comment quatre de ses amies proches se débrouillent avec ce deuil. Malheureusement, j’ai trouvé qu’il y avait trop de non dits, qui m’ont empêché d’entrer dans l’histoire, j’ai plutôt éprouvé de la gène à me sentir voyeur. J’ai par contre apprécié l’univers, la relation forte entre ces quatre filles. Et ça se passe au Québec, donc les dialogues ont cet accent qui chante à mes yeux. Allez, seulement une demi-déception.

Carine Chichereau, Michelle Gallen: Ce que Majella n'aimait pas (French language, 2023, Joëlle Losfeld) Aucune note

La liste des trucs que Majella trouvait vraiment intéressants était beaucoup plus courte : 1. …

Un beau portrait de femme. Pendant une semaine, on suit heure par heure les journées répétitives de Majella, jeune femme catholique vivant dans une petite ville d’Ulster. La maison où elle vit avec sa mère alcoolique, le fish and ships où elle travaille jusqu’à 2h du mat, et sert chaque jour les mêmes menus aux mêmes clients. Le mardi, comprenant que tous les jours seraient pareils, je me suis demandé pourquoi j’avais ouvert ce livre. Le samedi, je ralentissais ma lecture pour ne pas qu’arrive trop vite le dimanche. C’est qu’on s’attache à Majella, jeune femme indépendante, pas très sociable, avec sa force et ses faiblesses. Sept jours durant, il ne se passe rien, ni intrigue ni révélation, on partage juste le quotidien d’une jeune femme et par ses yeux la vie de la communauté catholique d’une bourgade d’Ulster. C’est cru, profondément humain. J’ai beaucoup aimé.

Jen Wang: Le prince et la couturière (GraphicNovel, French language, 2022, Akileos)

Le prince Sébastien cherche sa future femme, ou plutôt, ses parents lui cherchent une épouse... …

Ne boudons-je pas mon plaisir, un compte de fée, de temps en temps, ça fait du bien au moral. Si Lady Oscar était habillée comme un garçon, le prince Sébastien lui adore les robes, ce qui donne à Jen Wang l’occasion de narrer une belle histoire d’amitié adolescente entre un prince et une couturière. Une BD qui a la saveur d’un dessin animé de Récré A2, avec des méchants pas trop méchants, un univers sans contingences matérielles et beaucoup de bienveillance. Ça fait du bien de temps en temps.

a terminé la lecture de Sur un air de fado par Nicolas Barral

Nicolas Barral: Sur un air de fado (GraphicNovel, French language, 2021, Dargaud) Aucune note

Lisbonne, été 1968.

Depuis 40 ans, le Portugal vit sous la dictature de Salazar.

Si j’ai pas mal lu sur l’Espagne franquiste, je ne connaissais rien de la dictature parallèle au Portugal. Barral nous emmène à Lisbonne en 68 aux côté d’un médecin au comportement ambiguë, tantôt collaborant avec la police politique, tantôt fréquentant l’opposition, coureur de jupon mais peut-être pas complètement égoïste… Petits regrets, c’est trop court pour appréhender l’ambiance à Lisbonne, et le Fado du titre est complètement absent. À ces réserves près, j’ai bien aimé la complexité du personnage et le dessin, et le projet : rappeler ce qu’ont vécu hier nos proches voisins pendant quatre longues décennies est utile, au moment où ça nous pend au nez.