Vieux geek aigri, je cherche dans les livres à comprendre les humains et des graines de futurs un peu plus désirables. Mes goûts me poussent essentiellement vers les récits contemporains et l’anticipation.
Années 1920. Settimo, bûcheron corse en exil, débarque dans une plantation du bord du Mékong. …
Voyage dans une plantation au fond de l’Indochine juste après la fin de la première boucherie mondiale. Si le scénario ne m’a pas marqué, j’ai apprécié l’ambiance, la galerie de personnages, et la mise à nue de l’hypocrisie et de la violence des colons, justifiant au nom des valeurs de la république l’exploitation des corps, le pillage des ressources et la destruction de la culture. Un bel album anticolonialiste.
Après avoir exploré dans "Fun Home" et "C’est toi ma maman ?" les figures complexes …
Après la déception de C’est toi ma maman, j’attendais cet album au tournant. C’est une plutôt bonne surprise, un livre beaucoup plus abordable que le précédent. Bechdel continue à raconter sa vie, sur une trentaine d’années, en se concentrant sur deux de ses obsessions : le sport et la quête de connaissance de soi. La description de son addiction à l’activité physique m’a bien intéressé, m’a aidé à comprendre rétrospectivement des proches qui souffraient de la même pathologie. Et dans la partie introspective, la psychanalyse cède la place à d’autres pratique, méditation, bouddhisme… Comme toujours chez Bechdel, elle convoque de nombreuses figures tutélaires de la littérature, dont mon cher mais toxique Kérouac. Dernière raison d’aimer ce livre, sa compagne, Holly Rae Taylor, s’est chargée de la mise en couleurs, ce qui renouvelle le style. Après le secret familial du premier tome de la biographie, et la longue plongée en psychanalyse …
Après la déception de C’est toi ma maman, j’attendais cet album au tournant. C’est une plutôt bonne surprise, un livre beaucoup plus abordable que le précédent. Bechdel continue à raconter sa vie, sur une trentaine d’années, en se concentrant sur deux de ses obsessions : le sport et la quête de connaissance de soi. La description de son addiction à l’activité physique m’a bien intéressé, m’a aidé à comprendre rétrospectivement des proches qui souffraient de la même pathologie. Et dans la partie introspective, la psychanalyse cède la place à d’autres pratique, méditation, bouddhisme… Comme toujours chez Bechdel, elle convoque de nombreuses figures tutélaires de la littérature, dont mon cher mais toxique Kérouac.
Dernière raison d’aimer ce livre, sa compagne, Holly Rae Taylor, s’est chargée de la mise en couleurs, ce qui renouvelle le style.
Après le secret familial du premier tome de la biographie, et la longue plongée en psychanalyse du deuxième, ce troisième tome offre un éclairage plus léger sur la vie d’Alison Bechdel. Ça m’a bien plus, j’ai hâte de lire la suite !
[Résumé éditeur] "Fun Home", chef-d'œuvre d'introspection familiale, élargissait le territoire du roman graphique. Avec cette …
Après avoir lu Fun home, je me demandais comment la mère d’Alison Bechdel avait vécu toutes ces années, ce qu’elle avait ressenti. J’avais hâte de lire cet album à elle consacré. J’en ressors déçu : ça n’est pas un livre sur Helen Augusta, mais sur la relation d’Alison à sa mère, et sur le pédopsychiatre Donald Winnicott. N’étant pas porté sur la psychanalyse, j’avoue avoir trouvé ce livre interminable, et survolé certains passages. Une succession de récits de séances d’analyse et de longues citations de Winnicott. Pas ma came.
Il y a des événements qui changent la vie. C'est ce qui arrive à Vik, …
« Wafford a dit qu’il était désolé, mais moi j’en ai ras les ovaires de la pseudo-culpabilité des hommes, des blancs, des riches… C’est l’auto-flagellation des privilégiés. Prenez-donc vos responsabilités : je ne peux pas vous plaindre et en même temps essayer de vous survivre ! Nos cicatrices ne sont pas différentes de celles de nos mères, de nos grands-mères, de toutes les femmes dont nous sommes les filles… Mais nous, Vik, nous toutes, nous résistons ! »
Il y a des événements qui changent la vie. C'est ce qui arrive à Vik, …
Une histoire qui m’a touchée, une rencontre entre une jeune femme un peu perdue et trois femmes plus âgées. De la sororité inter-générationnelle pour prendre soin les unes des autres et s’aider à guérir. Les dessins sont doux comme l’histoire, j’ai bien aimé.
Un soir, une jeune chienne, traînant une sale histoire avec sa chaîne brisée, surgit à …
Pas vraiment ce que j’en attendais, mais une lecture fort agréable. J’espérais une réflexion sur notre rapport à nos compagnes et compagnon non humain·es, mais Yes, la petite chienne, est avant tout un prétexte pour permettre à l’autrice de réfléchir au temps qui passe, à la vieillesse et à l’écriture. Une maison dans les bois, en marge du monde qui s’effondre mais pas en dehors, un couple ensemble depuis toujours qui sait la fin proche, c’est doux et parfaitement dans (mon) air du temps. J’imagine que le récit m’aurait davantage transporté s’il venait des forêts du Québec plutôt que des collines des Vosges, c’est amusant comme certaines projections font qu’on apprécie plus ou moins un livre.
C'est l'hiver. Une petite meute de loups a récemment été introduite près d'un hameau isolé …
Un huis-clos dans un village coupé du monde par la neige, où des hommes meurent les uns après les autres, victimes d’une bête. Atmosphère, dessins, personnages profondément humains, du grand Chabouté !
Un océan les sépare. Un secret les relie.
Le nouveau roman d'Elizabeth Acevedo, l'autrice multi-primée …
J’ai adoré ce roman bon pour le moral pour tout public (feel good et youg adult). Les vies parallèles de deux adolescente nées chacune d’un côté de la mer, Camino en République dominicaine, Yahaira à New York. Une variation autour de l’éternelle question de ce que serait notre vie si nous étions né·es un peu plus loin. Une porte aussi sur la vie des afro-caribéen·nes, sur ce que l’obtention d’un visa peut changer. C’est légèrement triste, légèrement violent, mais avant tout tendre, et ça fait du bien.
Edouard Tolweck est célibataire, travaille à la Sécurité Sociale et mange le même cassoulet tous …
Un livre jouissif. Un être veule et profondément raciste va vivre une longue nuit, projeté tel une boule de flipper de galère en galère. J’ai éprouvé une joie probablement malsaine à voir ce Dupont Lajoie se prendre des claques toute la nuit. Un album qui à la fois rappelle combien le racisme était décomplexé il y a encore peu de temps, et qui fait du bien, ces jours-ci les histoires où les méchants perdent à la fin sont rares.
Atmosphères sombres, campagnes perdues, entre sortilèges, philtres et envoutements, quelques vieilles mènent la danse.Avec ces …
Succession de récits en quelques planches autour du thème de la sorcellerie, hier et aujourd’hui. Tantôt horrifiques, tantôt grinçants, tantôt drôles. Certains scénarios sont cousus de fil blanc, mais l’ensemble se laisse lire, d’autant que ça a un parfum nostalgique de BD que je lisais à l’adolescence…
Marie n’est pas une intellectuelle, ni une aristocrate, encore moins une militante. La Commune, elle …
Un album qui s’achève avec la Semaine sanglante. On y croise Victorine, Louise Michel, mais on suit surtout Marie, une femme en colère. Paris brûle, les Versaillais fusillent, Marie se bat. Mon préféré des trois volumes, j’ai adoré le personnage et l’album montre à la fois les espoirs suscités par cette révolution et la rage avec laquelle la bourgeoisie l’a assassinée.
Ces trois albums le confirment une fois de plus : la Commune n’est pas morte !
Élisabeth Dmitrieff, une belle jeune femme russe de tout juste vingt ans arrivée à Paris …
Le second volume est consacré à une actrice réelle et méconnue de la Commune, Élisabeth Dmitrieff, qui a été très investie dans l’organisation des femmes. Cet album se veut un peu plus pédagogique, essayant de donner un aperçu de la place des femmes dans l’insurrection et des tensions parmi les délégués. J’ai trouvé le scénario un peu brouillon, mais appris des choses
Hiver 1870. Prélude de la Commune. Alors que Paris, assiégée par l’armée prussienne, subit le …
Excellente idée que cette série de trois albums mettant à l’honneur des femmes de la Commune, scénarisés par Lupano et avec trois dessinateurices différentes. Le premier volume nous fait vivre le siège et les début de la Commune à travers les yeux de Victorine, une gamine qui n’a pas froid aux yeux et s’est liée d’amitié avec les deux éléphants du Jardin des plantes. Héroïne attachante, atmosphère révolutionnaire, j’ai trouvé l’album réussi.
Excellente idée que cette série de trois albums mettant à l’honneur des femmes de la Commune, scénarisés par Lupano et avec trois dessinateurices différentes.
Le premier volume nous fait vivre le siège et les début de la Commune à travers les yeux de Victorine, une gamine qui n’a pas froid aux yeux et s’est liée d’amitié avec les deux éléphants du Jardin des plantes.
Héroïne attachante, atmosphère révolutionnaire, j’ai trouvé l’album réussi.
Dans une maternité, une femme épuisée, sous perfusion. Elle vient d’accoucher d’une fille, Adèle, et …
Un court texte qui m’a laissé un sentiment ambiguë. D’un côté, c’est une charge au style enflammé contre les violences des femmes contre les autres femmes : la transmission de la soumission de mère en fille au fil des générations, mais aussi la maltraitance de certaines soignantes à l’encontre des femmes dans les maternité. Un texte que j’ai trouvé fort. Mais le récit à la première personne, s’il donne de la force au propos, m’a donné l’impression d’assister à un règlement de compte entre une fille et sa mère, d’être voyeur de choses un peu trop intimes. Je ne sais pas si le texte est auto-biographique, mais la possibilité qu’il le soit m’a gêné et empêché de vraiment l’apprécier.
Un court texte qui m’a laissé un sentiment ambiguë. D’un côté, c’est une charge au style enflammé contre les violences des femmes contre les autres femmes : la transmission de la soumission de mère en fille au fil des générations, mais aussi la maltraitance de certaines soignantes à l’encontre des femmes dans les maternité. Un texte que j’ai trouvé fort.
Mais le récit à la première personne, s’il donne de la force au propos, m’a donné l’impression d’assister à un règlement de compte entre une fille et sa mère, d’être voyeur de choses un peu trop intimes. Je ne sais pas si le texte est auto-biographique, mais la possibilité qu’il le soit m’a gêné et empêché de vraiment l’apprécier.
Un témoignage poignant sur le combat face à la maladie
La vie de Catherine, …
À 32 ans, Catherine, jeune femme vivant à Paris, est atteinte d’une leucémie. Pendant plusieurs mois, elle va documenter l’évolution de la maladie et sa lutte contre. J’ai ressenti une certaine dissonance à la lecture de cette histoire. Le style et le ton sont ceux de blogs BD, assez légers. Mais le sujet est sérieux, et prend à la gorge à mesure que la maladie évolue. Le récit alterne anecdotes sur son quotidien et planches pédagogiques sur la maladie.
Il faut saluer le courage de Catherine Pioli d’avoir documenté pour nous sa maladie.
Au delà de l’histoire même, ce livre est aussi un rappel de combien la Sécu est un bien collectif précieux, qui permet à chacun et chacune, quels que soient ses moyens, de bénéficier des meilleurs traitements.
Je suis ressorti de cette lecture secoué, et renforcé dans ma conviction de l’impérative nécessité de défendre notre système de santé.