Arsène a noté Impossibles adieux : 5 étoiles

Impossibles adieux de Han Kang
Comme un long songe d'hiver, ce nouveau roman de Han Kang nous fait voyager entre la Corée du Sud contemporaine …
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Comme un long songe d'hiver, ce nouveau roman de Han Kang nous fait voyager entre la Corée du Sud contemporaine …
Il y a pas mal de temps, j'ai lu et beaucoup apprécié ce texte. La version que j'ai, a été publiée dans la collection "L'imaginaire" chez Gallimard mais elle ne fait qu'un peu moins de 350 pages, y compris la préface de Roger Callois, du coup cela m'intrigue qu'il y ait une seconde version du texte...
Il y a pas mal de temps, j'ai lu et beaucoup apprécié ce texte. La version que j'ai, a été publiée dans la collection "L'imaginaire" chez Gallimard mais elle ne fait qu'un peu moins de 350 pages, y compris la préface de Roger Callois, du coup cela m'intrigue qu'il y ait une seconde version du texte...
Après son introduction sur les raisons qui l'ont amené à établir cette étude documentée, l'autrice découpe son livre en trois parties: 1/ la fin des mythes 2/ les racines éducatives de la violences 3/ le coût de la virilité Dans la 1ère partie, elle élimine les mythes qui fondent la virilité comme partie intégrante de l'homme depuis la nuit des temps, que ce soit en terme de biologie, d'histoire de société, ou de fonction du cerveau. La 2ème partie fait le point sur l'aspect fondamentalement éducatif de cette acculturation de la virilité dans l'éducation envers les hommes, aussi bien dans le regard porté par les parents ou les adultes en général, dans les images produites, dans les places et rôles mis en avant de manière positive pour les hommes et à l'inverse pour les femmes dans la société. Elle identifié aussi dans quelle mesure les comportements à risque initiés par …
Après son introduction sur les raisons qui l'ont amené à établir cette étude documentée, l'autrice découpe son livre en trois parties: 1/ la fin des mythes 2/ les racines éducatives de la violences 3/ le coût de la virilité Dans la 1ère partie, elle élimine les mythes qui fondent la virilité comme partie intégrante de l'homme depuis la nuit des temps, que ce soit en terme de biologie, d'histoire de société, ou de fonction du cerveau. La 2ème partie fait le point sur l'aspect fondamentalement éducatif de cette acculturation de la virilité dans l'éducation envers les hommes, aussi bien dans le regard porté par les parents ou les adultes en général, dans les images produites, dans les places et rôles mis en avant de manière positive pour les hommes et à l'inverse pour les femmes dans la société. Elle identifié aussi dans quelle mesure les comportements à risque initiés par les hommes leur sont spécifiques, et qu'à l'inverse les comportements proposés aux femmes comme relevant de leur genre sont d'une tout autre nature. Dans la dernière partie, l'autrice recherche ce qui relève de coûts induits directement par les hommes dans leur comportement, diminués de celui qui correspond à celui des femmes. Elle expose son approche méthodologique, sa méthode de calcul et les budgets sur lesquels elle les applique. A la fois en terme de prévention, d'interventions directes, de réparations et de conséquences à plus long terme, de cette virilité des hommes. Elle arrive ainsi à plus 95 milliards d'euros ! Si au départ, je ne voyais pas trop l'intérêt de cette étude (une dénonciation des comportements des hommes) le décryptage de cette virilité construite qui passe pour tellement évidente qu'on n'y prête pas attention, est éclairant et m'a amené à terminer l'essai. Je pose néanmoins ce bémol quant à l'absence de réflexions autour des conséquences d'une société capitaliste et patriarcale sur la construction et la pérennisation du virilisme.

En France, les hommes représentent 84 % des auteurs d’accidents de la route mortels, 90 % des personnes condamnées par …
Un livre essentiel pour entrer dans la compréhension de l'inceste et de l'univers incestuel qui l'accompagne, beaucoup plus proche de chacun d'entre nous que l'on veut bien le croire: 1 enfant sur 5 en serait victime... L'autrice nous raconte son parcours des dernières années à partir du moment où elle s'est rendue compte qu'elle était une victime d'inceste. A la différence du livre de Kouchner "Familia Grande" où elle dénonce l'inceste subi par son frère durant des années dans une famille et une ambiance où tout le monde le savait, Cécile Cée se sert de sa propre histoire, des difficultés qu'elle a rencontrée pour sortir de ce qu'elle nomme "amnésie" pour mettre en images et en mots, les textes et les rapports et les dénonciations et les théories qui mettent en lumière la réalité de l'inceste caché dans tant de familles et surtout que la société elle-même ne veut pas …
Un livre essentiel pour entrer dans la compréhension de l'inceste et de l'univers incestuel qui l'accompagne, beaucoup plus proche de chacun d'entre nous que l'on veut bien le croire: 1 enfant sur 5 en serait victime... L'autrice nous raconte son parcours des dernières années à partir du moment où elle s'est rendue compte qu'elle était une victime d'inceste. A la différence du livre de Kouchner "Familia Grande" où elle dénonce l'inceste subi par son frère durant des années dans une famille et une ambiance où tout le monde le savait, Cécile Cée se sert de sa propre histoire, des difficultés qu'elle a rencontrée pour sortir de ce qu'elle nomme "amnésie" pour mettre en images et en mots, les textes et les rapports et les dénonciations et les théories qui mettent en lumière la réalité de l'inceste caché dans tant de familles et surtout que la société elle-même ne veut pas voir. Le rapport produit par la CIIVISE ou plus ancien comme le texte de Récamier, ou d'autres, ont un peu fait émerger ce tabou, mais il en est comme toujours de ces phénomènes qui remettent en question l'équilibre d'une société qui préfère continuer comme cela au risque que cela continue voire empire ! L'inceste est donc l'archétype des violences sexuelles et la défense des auteurs d'inceste, comme des violeurs est basée sur les mêmes phénomènes de déni, de rejet de la culpabilité sur les victimes, d'effacement du crime, de la complicité de l'entourage et du renvoi sur la victime elle-même des conséquences engendrées sur l'auteur et son entourage, par la dénonciation du crime.
Ci-dessous un QR-CODE pour prendre connaissance de la BD de Claude Ponti "Quand on te fait du mal" et de l'association "Mémoire traumatique et victimologie" eqrco.de/a/wn9jYp

Cécile Cée raconte dans une quête intime sa sortie d'amnésie traumatique et réalise qu’elle a subi l'inceste. La culture de …
Que dire? Il y a tout un ensemble de références autour du mariage et des relations hommes femmes qui sont décrites ici. Mais je ne suis pas arrivé à comprendre comment c'est agencé et quel objectif cherche t'elle à atteindre. J'ai eu l'impression de suivre un espèce de catalogue de références disparates sur le thème sans comprendre le fil conducteur. Je me suis même demandé s'il s'agissait d'une compilation de plusieurs BD qui parlaient donc de ces rapports hommes femmes et du Mariage ou du couple, avec une idée de description historique de ce mariage à travers des situations qui me semblent plutôt relever du cliché. Donc pas vraiment séduit, mais peut être ne suis-je pas dans le public ciblé?
Que dire? Il y a tout un ensemble de références autour du mariage et des relations hommes femmes qui sont décrites ici. Mais je ne suis pas arrivé à comprendre comment c'est agencé et quel objectif cherche t'elle à atteindre. J'ai eu l'impression de suivre un espèce de catalogue de références disparates sur le thème sans comprendre le fil conducteur. Je me suis même demandé s'il s'agissait d'une compilation de plusieurs BD qui parlaient donc de ces rapports hommes femmes et du Mariage ou du couple, avec une idée de description historique de ce mariage à travers des situations qui me semblent plutôt relever du cliché. Donc pas vraiment séduit, mais peut être ne suis-je pas dans le public ciblé?
Recueil de trois nouvelles de R. Chandler: la première qui donne le titre du livre, la deuxième "Bay City Blues" et la troisième "Déniche la fille" (Try the Girl). La 1ère porte en germe ce qui sera le script du film "Grand Sommeil" tiré du roman du même nom. La 2ème nouvelle porte sur une enquête assez complexe où les meurtres semblent enchâssés les uns dans les autres, mais dont les auteurs ne sont pas portés par les mêmes motivations, ce qui opacifie l'enquête du détective, qui ne s'en sort que par son sens aigu de la recherche des mobiles de chacun des meurtres et de l'observation d'indices qui ne nous sont pas toujours bien communiqués. La 3ème suit un détective qui tombe par hasard sur un bonhomme qui sort des normes (un espèce de géant habillé de façon extrêmement voyante) et qui cherche une certaine Beulah, sa femme qui …
Recueil de trois nouvelles de R. Chandler: la première qui donne le titre du livre, la deuxième "Bay City Blues" et la troisième "Déniche la fille" (Try the Girl). La 1ère porte en germe ce qui sera le script du film "Grand Sommeil" tiré du roman du même nom. La 2ème nouvelle porte sur une enquête assez complexe où les meurtres semblent enchâssés les uns dans les autres, mais dont les auteurs ne sont pas portés par les mêmes motivations, ce qui opacifie l'enquête du détective, qui ne s'en sort que par son sens aigu de la recherche des mobiles de chacun des meurtres et de l'observation d'indices qui ne nous sont pas toujours bien communiqués. La 3ème suit un détective qui tombe par hasard sur un bonhomme qui sort des normes (un espèce de géant habillé de façon extrêmement voyante) et qui cherche une certaine Beulah, sa femme qui travaillait auparavant dans cette boîte. Là aussi, l'enquête semble aller vers de plus en plus d'opacité avec des morts qui se succèdent et des auteurs dont on ne comprend pas toujours les mobiles. Dans les trois nouvelles, le détective n'y gagnera pas grand chose à la fin (la dernière est le résultat d'un pari de 10 dollars!), prend des coups, sort de situations compliquées par son sens de l'observation et la compréhension des enjeux des situations que le lecteur a souvent du mal à percevoir à l'avance. Il m'a semblé avoir déjà lu ces thèmes dans d'autres textes de Chandler (c'est sûr pour le 1er) sans pouvoir me rappeler lesquels.
Nous suivons Diou, détective privée, rechercher un ouvrier disparu alors qu'il travaillait sur un chantier à Nice. Parallèlement, nous retrouvons Ferdi, un allemand muet, déjà aperçu dans un roman précédent, dans un flash back de sa vie, notamment à Bologne à la fin des années 70, début des années 80, que l'on nomme les années de plomb. Et dernier élément de la construction, une infirmière qui perd la mémoire et qui cherche à la fois à la conserver en s'enregistrant mais à retrouver son identité oubliée il y a des années.
Tout est bien construit, avec la ménopause qui s'infiltre dans le déroulé des enquêtes et les discussions ou les agressions qui s'y croisent. Une vision de Nice, bien loin des clichés touristiques sur la Côte d'Azur.
Nous suivons Diou, détective privée, rechercher un ouvrier disparu alors qu'il travaillait sur un chantier à Nice. Parallèlement, nous retrouvons Ferdi, un allemand muet, déjà aperçu dans un roman précédent, dans un flash back de sa vie, notamment à Bologne à la fin des années 70, début des années 80, que l'on nomme les années de plomb. Et dernier élément de la construction, une infirmière qui perd la mémoire et qui cherche à la fois à la conserver en s'enregistrant mais à retrouver son identité oubliée il y a des années.
Tout est bien construit, avec la ménopause qui s'infiltre dans le déroulé des enquêtes et les discussions ou les agressions qui s'y croisent. Une vision de Nice, bien loin des clichés touristiques sur la Côte d'Azur.

On les appelait cani sciolti, chiens sans collier, parce qu’ils ne voulaient appartenir à aucune organisation politique dans cette Italie …
Dans la lignée du texte de James Baldwin "La prochaine fois le feu", l'auteur nous fait part de la peur qui habite les noirs aux USA. La peur de perdre son corps, unique bien, soumis au bon vouloir des Blancs, des maîtres, des esclavagistes qui ont fondé la réussite de leur pays sur cette domination. Il y explique à son fils son parcours, ses expériences à lui personnelles mais aussi celles de tous ceux qui sont issus de ce passé esclavagiste qui a duré plus de 250 ans et qui s'est poursuivi sous d'autres formes ensuite, qui perdure, car le Blanc ne veut pas perdre ce qui fait de lui le maître d'un monde bâti sur l'exploitation du corps noir avec le sang, le viol, la torture et la mort. Ce livre ne s'adresse pas à nous, mais bien à tous ceux qui sont issus de ce passé d'esclaves pour …
Dans la lignée du texte de James Baldwin "La prochaine fois le feu", l'auteur nous fait part de la peur qui habite les noirs aux USA. La peur de perdre son corps, unique bien, soumis au bon vouloir des Blancs, des maîtres, des esclavagistes qui ont fondé la réussite de leur pays sur cette domination. Il y explique à son fils son parcours, ses expériences à lui personnelles mais aussi celles de tous ceux qui sont issus de ce passé esclavagiste qui a duré plus de 250 ans et qui s'est poursuivi sous d'autres formes ensuite, qui perdure, car le Blanc ne veut pas perdre ce qui fait de lui le maître d'un monde bâti sur l'exploitation du corps noir avec le sang, le viol, la torture et la mort. Ce livre ne s'adresse pas à nous, mais bien à tous ceux qui sont issus de ce passé d'esclaves pour qu'ils puissent marcher la tête haute et réclamer leur place. Le monde ne peut changer que si les Blancs prennent conscience de la domination qu'ils continuent malgré tout à exercer sur d'autres dominés, qu'ils soient noirs ou arabes, ou femmes par exemple.
Angela Davis a écrit cet ensemble de textes en 1981(date de publication aux USA)
Composé en 13 chapitres, elle decortique les liens entre Femmes, Race et Classe et met en évidence ce qu'on nommera plus tard comme intersectionnalité.
Elle part de l'esclavage massif qu'ont subi les noir-es aux USA dans la construction de ce pays, emblème du capitalisme et de l'exploitation des hommes pour le profit d'une minorité blanche, majoritairement composée d'hommes. Elle nous fait comprendre déjà ce qu'enduraient les femmes noires, esclaves comme les hommes, soumises aux mêmes tâches harassantes, mais en plus soumises aux désirs sexuels des blancs qui les possédaient. A. Davis contextualise aussi la lutte pour le droit de vote des femmes qui s'est développée en parallèle avec la lutte pour sortir de l'esclavage, malgré l'arrêt de l'esclavage suite à la guerre de Sécession. Elle met aussi en évidence l'aspect essentiel que les populations issues de …
Angela Davis a écrit cet ensemble de textes en 1981(date de publication aux USA)
Composé en 13 chapitres, elle decortique les liens entre Femmes, Race et Classe et met en évidence ce qu'on nommera plus tard comme intersectionnalité.
Elle part de l'esclavage massif qu'ont subi les noir-es aux USA dans la construction de ce pays, emblème du capitalisme et de l'exploitation des hommes pour le profit d'une minorité blanche, majoritairement composée d'hommes. Elle nous fait comprendre déjà ce qu'enduraient les femmes noires, esclaves comme les hommes, soumises aux mêmes tâches harassantes, mais en plus soumises aux désirs sexuels des blancs qui les possédaient. A. Davis contextualise aussi la lutte pour le droit de vote des femmes qui s'est développée en parallèle avec la lutte pour sortir de l'esclavage, malgré l'arrêt de l'esclavage suite à la guerre de Sécession. Elle met aussi en évidence l'aspect essentiel que les populations issues de l'esclavage portaient à l'éducation. Malgré des rencontres entre ces luttes pour le droit de vote et celles pour la fin de l'esclavage, il s'avère que le racisme qui imprégnait les populations blanches, notamment les femmes des classes moyennes a empêché toute convergence. Puis elle traite du rapport avec l'exploitation mise en lace par le capitalisme, les luttes des ouvrières et la place des femmes communistes. Elle traite également les mythes autour du viol, du racisme et violeur noir, de l'avortement et du contrôle des naissances. Elle termine par le déclin du travail domestique et des luttes autour d'un salaire pour payer le travail domestique des femmes.
A. Davis, en partant de cette place singulière des femmes noires, esclaves puis "libres" mais asservies par le système capitaliste, rappelle d'une part qu'au départ, elle était bien l'égale de l'homme, contribuait au même titre qu'eux au travail et que, homme comme femme, tout un chacun devait contribuer à l'apport de biens et l'entretien au sein du foyer. Elle rappelle aussi que c'est le système capitaliste qui a contribué à la séparation du travail domestique considéré comme une tâche dévalorisée et à laquelle les femmes, notamment noires, étaient assignées. Si au départ, faire du savon, créer et laver les vêtements et le linge,... était de la même importance, le fait de déporter certaines tâches à l'extérieur du ménage avait contribuer à dévaloriser le travail de tenue du foyer en le limitant aux femmes pour ce qu'on appelle les tâches ménagères au détriment d'une activité valorisée. Ainsi lorsqu'on parle de donner un chèque pour payer ce travail, cela ne change rien au côté harassant et sans attrait de ce travail. Elle parle même de l'apartheid en Afrique du Sud où le système capitaliste amenait même une séparation des hommes noirs et des femmes noires, sans souci aucun de la bonne maintenance du foyer. Ce n'était pas leur souci car pas rentable !
Angela Davis a écrit cet ensemble de textes en 1981(date de publication aux USA)
Composé en 13 chapitres, elle decortique les liens entre Femmes, Race et Classe et met en évidence ce qu'on nommera plus tard comme intersectionnalité.
Elle part de l'esclavage massif qu'ont subi les noir-es aux USA dans la construction de ce pays, emblème du capitalisme et de l'exploitation des hommes pour le profit d'une minorité blanche, majoritairement composée d'hommes. Elle nous fait comprendre déjà ce qu'enduraient les femmes noires, esclaves comme les hommes, soumises aux mêmes tâches harassantes, mais en plus soumises aux désirs sexuels des blancs qui les possédaient. A. Davis contextualise aussi la lutte pour le droit de vote des femmes qui s'est développée en parallèle avec la lutte pour sortir de l'esclavage, malgré l'arrêt de l'esclavage suite à la guerre de Sécession. Elle met aussi en évidence l'aspect essentiel que les populations issues de …
Angela Davis a écrit cet ensemble de textes en 1981(date de publication aux USA)
Composé en 13 chapitres, elle decortique les liens entre Femmes, Race et Classe et met en évidence ce qu'on nommera plus tard comme intersectionnalité.
Elle part de l'esclavage massif qu'ont subi les noir-es aux USA dans la construction de ce pays, emblème du capitalisme et de l'exploitation des hommes pour le profit d'une minorité blanche, majoritairement composée d'hommes. Elle nous fait comprendre déjà ce qu'enduraient les femmes noires, esclaves comme les hommes, soumises aux mêmes tâches harassantes, mais en plus soumises aux désirs sexuels des blancs qui les possédaient. A. Davis contextualise aussi la lutte pour le droit de vote des femmes qui s'est développée en parallèle avec la lutte pour sortir de l'esclavage, malgré l'arrêt de l'esclavage suite à la guerre de Sécession. Elle met aussi en évidence l'aspect essentiel que les populations issues de l'esclavage portaient à l'éducation. Malgré des rencontres entre ces luttes pour le droit de vote et celles pour la fin de l'esclavage, il s'avère que le racisme qui imprégnait les populations blanches, notamment les femmes des classes moyennes a empêché toute convergence. Puis elle traite du rapport avec l'exploitation mise en lace par le capitalisme, les luttes des ouvrières et la place des femmes communistes. Elle traite également les mythes autour du viol, du racisme et violeur noir, de l'avortement et du contrôle des naissances. Elle termine par le déclin du travail domestique et des luttes autour d'un salaire pour payer le travail domestique des femmes.
A. Davis, en partant de cette place singulière des femmes noires, esclaves puis "libres" mais asservies par le système capitaliste, rappelle d'une part qu'au départ, elle était bien l'égale de l'homme, contribuait au même titre qu'eux au travail et que, homme comme femme, tout un chacun devait contribuer à l'apport de biens et l'entretien au sein du foyer. Elle rappelle aussi que c'est le système capitaliste qui a contribué à la séparation du travail domestique considéré comme une tâche dévalorisée et à laquelle les femmes, notamment noires, étaient assignées. Si au départ, faire du savon, créer et laver les vêtements et le linge,... était de la même importance, le fait de déporter certaines tâches à l'extérieur du ménage avait contribuer à dévaloriser le travail de tenue du foyer en le limitant aux femmes pour ce qu'on appelle les tâches ménagères au détriment d'une activité valorisée. Ainsi lorsqu'on parle de donner un chèque pour payer ce travail, cela ne change rien au côté harassant et sans attrait de ce travail. Elle parle même de l'apartheid en Afrique du Sud où le système capitaliste amenait même une séparation des hommes noirs et des femmes noires, sans souci aucun de la bonne maintenance du foyer. Ce n'était pas leur souci car pas rentable !
J'ignore pourquoi je me suis mis à lire ce roman (est-ce d'ailleurs un roman ?). Adèle Yon nous raconte une jeune femme, mal dans sa peau, étudiante en cours de travail sur sa thèse, mais qui fait de la boucherie industrielle ou de la cuisine... Elle a peur de devenir folle, d'autant qu'il y a des antécédents familiaux d'internement ou de suicide, de quoi s'inquiéter de ses sautes d'humeur, de sa colère que rien ne semble calmer. Du coup, après le suicide d'un membre de sa famille, elle entame une recherche sur cette arrière arrière Grand-mère qui a été internée. Et là elle commence à découvrir à travers les silences, les dires des uns et des autres, les pièces administratives ou les lettres et photos qu'il y a beaucoup de colère, de violences exercées à l'encontre de celles qui ne rentrent pas dans les cases, que la médecine psychiatrique n'a …
J'ignore pourquoi je me suis mis à lire ce roman (est-ce d'ailleurs un roman ?). Adèle Yon nous raconte une jeune femme, mal dans sa peau, étudiante en cours de travail sur sa thèse, mais qui fait de la boucherie industrielle ou de la cuisine... Elle a peur de devenir folle, d'autant qu'il y a des antécédents familiaux d'internement ou de suicide, de quoi s'inquiéter de ses sautes d'humeur, de sa colère que rien ne semble calmer. Du coup, après le suicide d'un membre de sa famille, elle entame une recherche sur cette arrière arrière Grand-mère qui a été internée. Et là elle commence à découvrir à travers les silences, les dires des uns et des autres, les pièces administratives ou les lettres et photos qu'il y a beaucoup de colère, de violences exercées à l'encontre de celles qui ne rentrent pas dans les cases, que la médecine psychiatrique n'a pas eu les mêmes objectifs ni les mêmes méthodes de traitement. Adèle Yon alterne des éléments plutôt personnels avec des courriers entre des membres de la famille qu'elle exhume, des notes administratives , des extraits d'ouvrages de médecine psychiatrique et de verbatim d'interview pour arriver à cerner cette aïeule inconnue qui a subi une lobotomie dans les années cinquante et qui a été internée par durant 17 ans. Que dire de la responsabilité de son père ou de son mari dans ce qu'elle a subi, mais que dire aussi de la complicité que ses proches ont mis en place, de l'ignorance dans laquelle tout le monde baigne. Un très beau texte.