GilB a commencé la lecture de La Vie secrète des robots par Suzanne Palmer

La Vie secrète des robots de Suzanne Palmer
[4e de couverture] J’ai été activé, donc j’ai un but, se dit le bot. J’ai un but, donc je sers. …
Je lis beaucoup de SF et de BD mais aussi de la littérature japonaise et américaine. Déjà utilisateur de Bookwyrm, je repars à zéro sur cette nouvelle instance. Je suis aussi sur Mastodon
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[4e de couverture] J’ai été activé, donc j’ai un but, se dit le bot. J’ai un but, donc je sers. …
J'ai l'impression de toujours sortir un peu éprouvée des livres de Nnedi Okorafor, avec des difficultés pour mettre en mots la pluralité des ressentis que leur lecture a provoqués chez moi. J'en ressors bousculée par une écriture directe, brute (voire brutale), où les émotions affleurent et (se) heurtent. Interpellée par sa façon d'aborder de manière frontale des enjeux et des thèmes qui ne laissent pas indifférents. Questionnée sur mon positionnement par rapport à certains personnages... "La Mort de l'auteur" s'inscrit dans cette continuité, mais il est sans doute le roman qui me laisse l'impression la plus marquante parmi les textes que j'ai pu lire de l'autrice.
S'il peut être rapidement présenté comme une fiction sur l'écriture d'un roman, sa réception, son succès, l'ampleur de l'histoire dépasse ce simple synopsis... C'est en fait trois plans narratifs qui se croisent. Des chapitres sont racontés du point de vue de Zelu, une …
J'ai l'impression de toujours sortir un peu éprouvée des livres de Nnedi Okorafor, avec des difficultés pour mettre en mots la pluralité des ressentis que leur lecture a provoqués chez moi. J'en ressors bousculée par une écriture directe, brute (voire brutale), où les émotions affleurent et (se) heurtent. Interpellée par sa façon d'aborder de manière frontale des enjeux et des thèmes qui ne laissent pas indifférents. Questionnée sur mon positionnement par rapport à certains personnages... "La Mort de l'auteur" s'inscrit dans cette continuité, mais il est sans doute le roman qui me laisse l'impression la plus marquante parmi les textes que j'ai pu lire de l'autrice.
S'il peut être rapidement présenté comme une fiction sur l'écriture d'un roman, sa réception, son succès, l'ampleur de l'histoire dépasse ce simple synopsis... C'est en fait trois plans narratifs qui se croisent. Des chapitres sont racontés du point de vue de Zelu, une personnage principale, paraplégique, nigériano-étatsunienne, qui devient l'autrice d'un best-steller de science-fiction sur des robots dans un cadre post-apocalyptique. D'autres chapitres mettent justement en scène ces "robots rouillés", dans une Terre post-effondrements de l'humanité où s'affrontent IA désincarnées et androïdes en quête de récit. Enfin, d'autres chapitres encore sont consacrés à des interviews des proches de Zelu, apportant une autre perspective sur le récit.
Il est question d'identité, de quête de soi et de place, d'une recherche d'affirmation. Coincée dans son fauteuil roulant depuis l'enfance suite à un accident, Zelu est en effet constamment enfermée dans une certaine représentation que les autres ont d'elle. C'est le cas dans la manière dont elle est traitée dans sa famille, au sein de laquelle les incompréhensions, les jugements et les clashs se succèdent. Mais, même lorsqu'elle trouve à s'affirmer par l'écriture, lorsqu'elle peut gagner en indépendance financière grâce à son best-steller, elle se retrouve là encore dépouillée de sa voix : suite au auccès, son oeuvre lui échappe, et sa personne même fait face aux jugements et aux exigences d'un public qui projette en elle des attentes qui n'ont rien avoir avec elle. C'est en quelque sorte une histoire d'aliénation qui se renouvelle constamment et de la manière dont Zelu, de façon obstinée, malgré tout, continue à se chercher et à s'affirmer.
Si tout cela offre une histoire solide, ce qui m'a le plus fasciné au sein du roman a été la structure narrative d'ensemble et comment les différents plans narratifs évoluent en parallèle. Au fil des pages, au sein de ce récit fictionnel qu'est le roman, la dichotomie initiale entre le "réel" (le monde de Zelu) et le "fictif" (celui des robots) se trouble. L'écrivaine et ses technologies de plus en plus sophistiquées n'est-elle bien qu'humaine ; l'androïde, sa fascination pour une humaine et ses histoires, n'est-elle que robot ? Un glissement s'opère et Nnedi Okorafor joue avec la réception de son propre lectorat, et ce, jusqu'à un final qui apporte une autre perspective, bouclant la boucle de l'expérimentation littéraire.
Alors que dans mon sang, les effluves d’alcool s’estompaient peu à peu, je prenais conscience que cette décision allait être plus ardue que je ne le pensais. Elle ne s’annonçait pas tant comme un défi physique que psychique. Cette simple boutade de mon beau-père laissait augurer un combat. Je n’allais pas seulement me frotter à mes démons, à mes frustrations : j’allais devoir affronter tous ceux des autres. Car en France, tout le monde boit. Et personne ne veut en parler. La sobriété est corrosive, elle est le grain de sable qui vient enrayer un déni bien huilé. Je ne l’avais jamais observé.
— Sans alcool de Claire Touzard (Page 30)
Dans le 1er chapitre C'est dans ton ADN La "boutade" du beau-père, après qu'elle ait annoncé qu'elle avait arrêté de boire : « Tu n'y arriveras pas. La boisson c'est dans ton ADN. »
Dans le 1er chapitre C'est dans ton ADN La "boutade" du beau-père, après qu'elle ait annoncé qu'elle avait arrêté de boire : « Tu n'y arriveras pas. La boisson c'est dans ton ADN. »

En France, on s'avoue rarement alcoolique. Quand on boit on est festif, irrévérent, drôle. Français. Un jour pourtant, Claire arrête …

[4e de couverture] Peu après la fin de la Seconde Guerre mondiale. James fuit Londres et ses créanciers en quête …

[4e de couverture] Peu après la fin de la Seconde Guerre mondiale. James fuit Londres et ses créanciers en quête …
« Et si je vous disais que le temps fonctionne comme la lumière, d’une certaine manière, qu’il s’incurve autour de points plus denses, dotés de gravité ? » S’il me disait cela, répliquai-je, je lui dirais, moi, que je n’y comprenais fichtrement rien. « Que de franchise, s’amusa-t-il. La plupart des gens tiennent le temps pour statique, rigide. Une structure linéaire où un instant en suit un autre. Ils ne comprennent pas que, en certains lieux et à certains moments, il s’étire et s’incurve. Les endroits chargés d’histoire, doté d’éternités de passé, l’affectent plus que les autres. Leur proximité le rend… fluide. […] »
— À lire à ton réveil de Robert Jackson Bennett (Page 51 - 52)

[4e de couverture] Peu après la fin de la Seconde Guerre mondiale. James fuit Londres et ses créanciers en quête …

À en croire la légende familiale, le grand-père nommé Isaac Reznikoff quitta un jour à pied sa ville natale de …

À en croire la légende familiale, le grand-père nommé Isaac Reznikoff quitta un jour à pied sa ville natale de …

[4e de couverture] Les Carryx mènent des guerres de conquête depuis des siècles, détruisant ou réduisant en esclavage des espèces …
Une nouvelle série. Totalement indépendante de la précédente The Expanse. Où comment se comportent et survivent des humains lorsqu'ils sont enlevés et mis en captivité, par une espèce non humaine, afin d'évaluer leur utilité. De la difficulté de (re)devenir un animal comme les autres parmi des milliers d'espèces provenant de milliers de mondes. A la capacité des humains à trouver une voie entre résister et se soumettre, pour leur survie et la survie de leur espèce. Au plus près des personnages, hommes comme femmes, humain ou pas. Très réussi selon moi, il faut résister aux premiers chapitres sur les intrigues purement humaines.
Une nouvelle série. Totalement indépendante de la précédente The Expanse. Où comment se comportent et survivent des humains lorsqu'ils sont enlevés et mis en captivité, par une espèce non humaine, afin d'évaluer leur utilité. De la difficulté de (re)devenir un animal comme les autres parmi des milliers d'espèces provenant de milliers de mondes. A la capacité des humains à trouver une voie entre résister et se soumettre, pour leur survie et la survie de leur espèce. Au plus près des personnages, hommes comme femmes, humain ou pas. Très réussi selon moi, il faut résister aux premiers chapitres sur les intrigues purement humaines.
Personne n’a d’histoire, ici, mis à part les Carryx. Je n’en ai pas. Vous non plus. Les choses qui marmonnent dehors non plus, même si certaines pensent le contraire. C’est impossible. Avoir un passé dans le monde des Carryx, c’est comme avoir une ombre dans les ténèbres. Cela peut être agréable ou non, mais puisque c’est impossible, ce n’est aucun des deux. Ma planète d’origine ? Je ne comprends pas la question. Je n’ai ni planète ni origine. On m’a pris où on m’a pris. Je fais ce qu’on me demande. Le reste me fait du mal. Mon nom ? J’en avais un, mais je ne m’en souviens plus. Vous feriez mieux d’arrêter. Je n’ai plus envie de vous parler.
— La clémence des dieux de James S.A. Corey (La guerre des captifs, #1) (Page 311 - 312)
La vie continuait. C’était ce qu’il y avait de plus terrible. On leur avait arraché leur monde, leur existence, leur identité. Leur histoire. On les tuait, on les forçait à voir mourir des êtres chers, mais la faim, la soif et l’envie de pisser ressurgissaient à un moment donné. Ils riaient lorsque quelqu’un lançait une plaisanterie, même s’il gardaient la mine sinistre. Ils faisaient la vaisselle, changeaient de vêtements, organisaient des funérailles. Tout cela semblait devoir cesser, mais se poursuivait malgré tout. Le pouls lent et bas de la vie continuait de leur imposer ses exigences, quoi qu’il arrive. Même quand les choses allaient mal, même quand la situation devenait étrange, douloureuse, insoutenable, le banal réclamait sa part du gâteau.
— La clémence des dieux de James S.A. Corey (La guerre des captifs, #1) (Page 220)
J’entends parler de ce livre depuis des mois, et il est à la hauteur de sa réputation. C’est un récit mêlant l’érudition et l’intime. J’ai appris plein de choses, mais surtout, j’ai pris conscience de la véritable charge capillaire pesant sur les femmes aux cheveux crépus. Je n’imaginais pas la débauche de temps, d’énergie et d’argent nécessaires, dès l’enfance, pour entretenir sa chevelure, pour affronter les regards et les remarques. Je me savais privilégié, en tant que mec, d’être autorisé à avoir une apparence négligée ne demandant aucun effort, mais je n’imaginais pas à quel point un simple « détail », la texture des poils, pouvait compliquer la vie. Au delà de la pédagogie, c’est aussi un album touchant par la sincérité avec laquelle Lou Lubie raconte sa vie. C’est décidément une autrice que j’aime beaucoup !
J’entends parler de ce livre depuis des mois, et il est à la hauteur de sa réputation. C’est un récit mêlant l’érudition et l’intime. J’ai appris plein de choses, mais surtout, j’ai pris conscience de la véritable charge capillaire pesant sur les femmes aux cheveux crépus. Je n’imaginais pas la débauche de temps, d’énergie et d’argent nécessaires, dès l’enfance, pour entretenir sa chevelure, pour affronter les regards et les remarques. Je me savais privilégié, en tant que mec, d’être autorisé à avoir une apparence négligée ne demandant aucun effort, mais je n’imaginais pas à quel point un simple « détail », la texture des poils, pouvait compliquer la vie. Au delà de la pédagogie, c’est aussi un album touchant par la sincérité avec laquelle Lou Lubie raconte sa vie. C’est décidément une autrice que j’aime beaucoup !