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GilB

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Je lis beaucoup de SF et de BD mais aussi de la littérature japonaise et américaine. Déjà utilisateur de Bookwyrm, je repars à zéro sur cette nouvelle instance. Je suis aussi sur Mastodon

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Livres de GilB

a cité La clémence des dieux par James S.A. Corey (La guerre des captifs, #1)

James S.A. Corey: La clémence des dieux (Paperback, French language, 2025, Actes Sud)

[4e de couverture] Les Carryx mènent des guerres de conquête depuis des siècles, détruisant ou …

Quand les Carryx ont-ils commencé à mener cette guerre sans fin ? C’est une question sans intérêt. Ils gouvernaient les étoiles depuis une éternité. Nous avons vaincu les Ejias, les Kurksts, surpassé les Sans-regard, brûlé les Logothètes jusqu’à ce que leurs planètes ne soient plus que des tessons de verre balayés par le vent. Vous souhaitez qu’on vous narre notre première rencontre avec l’ennemi mais, selon moi, cela s’est sans doute produit à de nombreuses reprises sur la surface du temps et des distances, empêchant la simultanéité de répertorier tous les évènements. La fin, en revanche, je peux vous en parler. J’étais présent aux origines de cette calamité. Tout à commencé avec l’asservissement d’un monde insignifiant nommé Anjiin. Il semblait prodigieusement faible, inoffensif, et nous y avons apporté le feu, la mort, les chaînes. Nous avons fait main basse sur ce qui nous paraissait utile en éliminant ceux qui résistaient. C’est là notre regret. Si nous avions gardé nos distances, rien de tout cela ne serait arrivé. Si nous avions réduit Anjiin en cendres – comme bien d’autres planètes – et poursuivi notre chemin, je n’aurais pas à conter l’histoire de notre échec. Nous avons mal jugé notre adversaire et nous l’avons emmené chez nous.

–– Extrait de l’ultime rapport d’Ekur-Tkalal, gardien-documentaliste de la communauté humaine des Carryx.

La clémence des dieux de  (La guerre des captifs, #1) (Page 9)

1er paragraphe de la Partie I, Au commencement

Catherine Dufour: Les Champs de la Lune (Paperback, French language, 2024, Robert Laffont)

Moisson au clair de la Terre. Puisqu'il faut trouver une autre planète habitable, pourquoi pas …

– Je suis persuadé que le Terrien vouait en secret une haine féroce à la Nature. – A la Nature ? – C’est à dire à son propre écosystème. Cette haine lui venait d’avoir été traité pendant des siècles par la Nature comme le tube à essai d’infections variées, sans discerner les avantages adaptatifs de la méthode, a conclu le Gardien des Glaces le plus sérieusement du monde. Le Gardien des Glaces n’est pas très sensible aux individualités. Pour lui, mourir de la malaria ou de la grippe, ce n’est pas un drame individuel : c’est juste le signe que la victime se situe du mauvais côté de la sélection naturelle, tant pis pour elle et tant mieux pour son espèce. – Des millénaires d’épidémies ont forgé au Terrien une mentalité revancharde contre la Nature, a-t-il continué. Dès qu’il a eu saisi la gouverne de son destin d’un bras d’acier, grâce à ses découvertes scientifiques et techniques, il n’a eu de cesse de porter le fer contre la Nature, c’est à dire dans son propre ventre. Exactement comme un herscheur piégé dans une fosse, qui se démantibule la trémie à force de tirer dessus. Le ressentiment est un puissant moteur qu’on ne coupe pas dès qu’on en a plus besoin.

Les Champs de la Lune de  (Page 188 - 189)

Dans le chapitre Aitken et la Cité Franche

Catherine Dufour: Les Champs de la Lune (Paperback, French language, 2024, Robert Laffont)

Moisson au clair de la Terre. Puisqu'il faut trouver une autre planète habitable, pourquoi pas …

10e jour du 4e mois de l’an 2325 – ferme Lalande Je lâche sur la ferme des pluies fraîches qui distillent une odeur de racines mouillées. Les lézards s’étalent les pierres avec un plaisir évident, et les oies se battent dans un grand envol de duvet. Les lilas déplient leurs grappes, les choux tirent hors du sol une petite langue pointue. Je brumise le café, je démêle le bougainvillier, je mesure les feuilles de figuier et je remercie le thym d’être tellement dénué de problèmes.

Les Champs de la Lune de  (Page 124)

Dans le chapitre Les fleurs de Lalande

a cité Les Champs de la Lune par Catherine Dufour

Catherine Dufour: Les Champs de la Lune (Paperback, French language, 2024, Robert Laffont)

Moisson au clair de la Terre. Puisqu'il faut trouver une autre planète habitable, pourquoi pas …

La ferme Lalande est la dernière de la route qui mène à l’entrée de Mut : Magne unter Tage, la cité soulunaire qui m’emploie. J’ai moi-même posé les pavés du revêtement de cette route. Car, si les mers lunaires sont facilement praticables, elles sont séparées les unes des autres par des chaînes de montagnes et striées de longs rayons d’éjectas rocheux. Ce relief accidenté rend les routes nécessaires. Pour aller plus loin encore dans la contextualisation, je précise que les pavés de la route sont en régolithe compressé, et que la régolithe est le nom donné à la poussière qui recouvre la lune. N’est-ce pas une précision inutile ? Franchement, qui ne connaît pas la régolithe ? Ce sable très fin, à la fois magnétique et abrasif, est semblable à mille dents minuscules qui s’insinuent partout et ne lâchent jamais – et il pue le brûlé.

Les Champs de la Lune de  (Page 11)

Dans le 1er chapitre La ferme Lalande

a cité La femme paradis par Pierre Chavagné

Pierre Chavagné: La femme paradis (French language, 2023, Le Mot et le Reste)

Coupée de la civilisation depuis plusieurs années, une femme sans passé survit au coeur de …

Mes souvenirs sont des crépuscules ; aucune de mes histoires n’a de commencement.

Son œil fixe la frontière. À l’ouest, une colline nue et ronde, taché de genêts ; à l’est, une forêt de pins noirs au garde-à-vous ; entre les deux s’étirant du nord au sud, un plateau karstique, une étendue rase, sans arbre ni buisson, aux herbes trop courtes pour onduler au vent. Tout y est figé. Seules les ombres changeantes des plus gros roches posés là insufflent la vie. Un sol lunaire sur lequel prospéraient moutons et chèvres quand il y avait encore des bergers. Aucune trace de chemin ni de construction. Les poteaux des clôtures ont été repris et brûlés. Un ruisseau dégoutte de la colline et serpente en pente faible entre les blocs de granit. Le débit est tenu. Elle n’entend rien. Allongée sur le ventre, immobile, l’humidité du sol infuse sa chemise à hauteur de poitrine, l’air glacé lui griffe les joues, un vautour fauve plane en cercle à son zénith, elle ne bouge pas. Elle attend.

Hier, dans cette zone, aux confins de son territoire, il y a eu une détonation.

La femme paradis de  (Page 11)

Début du 1er chapitre : La détonation

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a publié une critique de Cimqa par Auriane Velten

Auriane Velten: Cimqa (Paperback, French language, 2023, Éditions Mnémos)

[4e de couverture] Imaginez que le monde ait un jour le hoquet ; des créatures …

Cimqa : bienvenue dans la cinquième dimension

Cimqa est le premier roman d'Auriane Velten que je lis, et j'espère avoir l'occasion de lire bien d'autres écrits de cette autrice dont je vais désormais surveiller les publications.

En effet, Cimqa est un livre qui m'a marquée pour plusieurs raisons.

Tout d'abord, l'autrice exploite habilement un concept de départ de science-fiction pour proposer une magnifique ode à l'imaginaire et à l'art, en nous immergeant dans toutes les complexités -et les difficultés- des processus créatifs. Ce pan de l'histoire est l'occasion de réfléchir sur les compromis qu'il est possible d'accepter en tant que créatrice, mais aussi sur les lignes que l'on peut être amenée à (re)tracer. À sa façon, Cimqa offre un récit d'empowerment à travers les destins racontés en parallèle de deux protagonistes, une enfant qui devient adolescente puis jeune adulte, et une femme adulte de 50 ans : sur ce dernier point, j'ai particulièrement apprécié combien …