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Succès ! Kometenn a lu 12 sur 12 livres.

Robert Desnos: Destinée arbitraire (Paperback, French language, 1992, Gallimard)

Aujourd'hui je me suis promené avec mon camarade, Même s'il est mort, Je me suis promené avec mon camarade.

Qu'ils étaient beaux les arbres en fleurs, Les marronniers qui neigeaient le jour de sa mort Avec mon camarade je me suis promené.

Jadis mes parents Allaient seuls aux enterrements Et je me sentais petit enfant.

Maintenant je connais pas mal de morts, J'ai vu beaucoup de croque-morts Mais je n'approche pas de leur bord.

C'est pourquoi tout aujourd'hui Je me suis promené avec mon ami. Il m'a trouvé un peu vieilli,

Un peu vieilli, mais il m'a dit : Toi aussi tu viendras où je suis, Un Dimanche ou un Samedi,

Moi, je regardais les arbres en fleurs, La rivière passer sous le pont Et soudain j'ai vu que j'étais seul.

Alors je suis rentré parmi les hommes.

Destinée arbitraire de  (Page 175 - 176)

Titre du poème : Aujourd'hui je me suis promené...

Poème de 1936, année du début de la guerre civile espagnole, qui touche particulièrement Robert Desnos.

Robert Desnos: Destinée arbitraire (Paperback, French language, 1992, Gallimard)

L'ourse disparut aspirée par les nombres Avec la foule, avec les ombres Confondues dans les décombres.

Seuls quelques astronomes, Embusqués sous des dômes, Virent passer son fantôme.

Qu'on te nomme Grande Ourse Tandis que tu poursuis ta course Vers la lumière et vers ses sources,

Que l'on te pare d'étoiles Et que du fond de leur geôle Les prisonniers te voient passer devant le soupirail,

Ourse qu'importe, ourse de plume, Ourse rugissante et bavant l'écume, Plus étincelante qu'un marteau frappant l'enclume,

Ourse qu'importe la fable Et ta piste sur le sable S'effilochant comme un vieux câble.

J'entends des pas lourds dans la nuit, J'entends des chants, j'entends des cris, Les cris, les chants de mes amis.

Leurs pas sont lourds Mais quant naîtra le jour Naîtra la liberté et l'amour.

Destinée arbitraire de  (Page 169)

Extrait du poème "Histoire d'une ourse".

Robert Desnos: Destinée arbitraire (Paperback, French language, 1992, Gallimard)

Rien ne ressemble plus à l'inspiration Que l'ivresse d'une mâtinée de printemps, Que le désir d'une femme. Ne plus être soi, être chacun. Poser ses pieds sur terre avec agilité. Savourer l'air qu'on respire.

Je chante ce soir non ce que nous devons combattre Mais ce que nous devons défendre. Les plaisirs de la vie. Le vin qu'on boit avec des camarades. L'amour. Le feu en hiver. La rivière fraîche en été. La viande et le pain de chaque repas. Le refrain que l'on chante en marchant sur la route. Le lit où l'on dort. Le sommeil, sans réveils en sursaut, sans angoisse du lendemain.

Le loisir. La liberté de changer de ciel. Le sentiment de la dignité et beaucoup d'autres choses Dont on ose refuser la possession aux hommes.

J'aime et je chante le printemps fleuri. J'aime et je chante l'été avec ses fruits. J'aime et je chante la joie de vivre. J'aime et je chante le printemps. J'aime et je chante l'été, saison dans laquelle je suis né.

Destinée arbitraire de  (Page 157 - 158)

Titre du poème : Chant pour la belle saison.

Robert Desnos: Destinée arbitraire (Paperback, French language, 1992, Gallimard)

Le chemin sur lequel je cours Ne sera pas le même quand je ferai demi-tour J'ai beau le suivre tout droit Il me ramène à un autre endroit Je tourne en rond mais le ciel change Hier j'étais un enfant Je suis un homme maintenant Le monde est une drôle de chose Et la rose parmi les roses Ne ressemble pas à une autre rose.

Destinée arbitraire de  (Page 148)

Titre du poème : L'anneau de Moebius.

Robert Desnos: Destinée arbitraire (Paperback, French language, 1992, Gallimard)

J'ai gagné, du moins le sens de la perpétuité. Non pas celle, ridicule, des concessions de cimetière. Je souhaite en vain l'apparition des guillotines, mais je ne puis offrir aux foules sanguinaires que mon désir de suicide. Révolution ! Tu ne brilleras qu'après ma mort, sur la place immense de marbre blanc qui recouvrira mon immense cadavre.

Destinée arbitraire de  (Page 130)

Extrait du poème "Tour de la tombe".

Robert Desnos: Destinée arbitraire (Paperback, French language, 1992, Gallimard)

On m'oubliera. Quelque jour, on ne saura plus mon nom, mais je saurai son nom. Un soir, couvert de gloire et riche, je reviendrai, je frapperai à sa porte, tout nu, mais on ne me répondra pas, même, ayant ouvert la porte, quand j'apparaîtrai à ses yeux.

Destinée arbitraire de  (Page 130)

Extrait du poème "Tour de la tombe".

Robert Desnos: Destinée arbitraire (Paperback, French language, 1992, Gallimard)

Il est nuit sois la flamme Et la rougeur qui colore les nuages Bonjour monsieur Bonsoir Madame Vous ne paraissez pas votre âge

Qu'importe si vos étreintes Font saigner les astres jumeaux Qu'importe si ta face est peinte si le givre brille aux rameaux

De granit ou de marbre Votre âge paraîtra Et l'ombre des grands arbres sur vos tombeaux se promènera.

Destinée arbitraire de  (Page 105)

Titre du poème : Bonjour bonsoir.

Robert Desnos: Destinée arbitraire (Paperback, French language, 1992, Gallimard)

Le petit poucet perd une multitude de clefs dans le sentier ténébreux de la forêt Voilà pourquoi tant de portes se ferment Pourquoi votre porte est fermée

Frappe à la porte à la fenêtre Une lueur se promène de la cave au grenier On entend le souffle de votre sommeil

Êtes-vous prisonnière dans votre maison ? Les ténèbres de la forêt ne vous appellent-elles pas ? La clef des champs est perdue alors forcez la serrure

Réveillez-vous Ne respirez plus si tranquillement Mais surtout surtout éteignez cette lumière qui se promène quand vous dormez qui se promène de la cave au grenier

Destinée arbitraire de  (Page 79)

Titre du poème : Un conte.

Robert Desnos: Destinée arbitraire (Paperback, French language, 1992, Gallimard)

J'aurai continué cette poétique lecture si Robespierre n'avait posé sa main sur mon épaule. Nous étions sur une colline. Il me montra l’œuvre de la Guillotine. Quatre cent mille têtes jonchaient les marais. Des femmes leur suçaient la cervelle. Fou de joie à ce spectacle, j'embrassai Robespierre. Il posa sur moi un long regard triste et doux, m'étreignit sur sa poitrine et, avant de se dissoudre en fumée odorante de cigarette anglaise il me dit : "Tu t'appelleras Danger de mort."

Destinée arbitraire de  (Page 32 - 33)

a publié une critique de Semantic Error #4 par J. Soori (Semantic Error, #4)

J. Soori: Semantic Error #4 (Paperback, Français language, Bookmark)

Entre disputes, retrouvailles et promesses, Sangwoo et Jaeyoung vous offrent cinq ultimes scènes pour conclure …

Un dernier tome très drôle

Les dernières aventures de Sangwoo et Jaeyoung, notamment quand ils sont un peu plus âgés et vivent ensemble depuis plusieurs années. La dernière histoire m'a fait particulièrement rigoler. Vivement qu'elles soient toutes adaptées en manhwa !