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GilB

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A rejoint ce serveur il y a 2 années, 8 mois

Je lis beaucoup de SF et de BD mais aussi de la littérature japonaise et américaine. Déjà utilisateur de Bookwyrm, je repars à zéro sur cette nouvelle instance. Je suis aussi sur Mastodon

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Livres de GilB

Ray Nayler: Protectorats (French language, 2023, Le Bélial')

« Rappelez-moi comment vous êtes morte ? – À quel moment ? – La dernière …

La dernière fois que je suis morte, ça ressemblait à toutes les autres. Je suis sortie du récepteur pour me retrouver dans un blizzard planétaire, avec une gravité de 0,8874. Halis-3, le monde sur lequel l’institut m’avait envoyée, est un piège volcanique en obsidienne, balayé par des vents de 150 kilomètres-heure, avec une température moyenne de -45 degrés Celsius. Il n’y a aucune vie. Aucune possibilité de colonisation spatiale. Halis-3 ne nous est d’aucune utilité, sauf si vous désirez fabriquer des pointes de flèche. La dernière fois que je suis morte là-bas, j’avais été poussée par le vent dans une crevasse. Je n’ai pas été tuée sur le coup. Je suis restée étendue avec le dos brisé et je souffrais terriblement ; mes organes me lâchaient l’un après l’autre pendant que le récepteur sauvegardait ma conscience pour le transfert. J’ai déjà connu cinq fois ce genre de décès. Ça devenait monotone. C’est affreux de mourir, vous savez. Je ne le recommande à personne.

Protectorats de  (Page 276)

Dans la nouvelle *Retour au Château Rouge *

a cité Protectorats par Ray Nayler

Ray Nayler: Protectorats (French language, 2023, Le Bélial')

« Rappelez-moi comment vous êtes morte ? – À quel moment ? – La dernière …

» Si tu survis, je t’apprendrai les noms que nous donnons aux couleurs de la forêt. Les colons emploient les vieux noms terriens, des termes vides qui évoquent des choses que nous n’avons jamais vues. Tu savait que violet fait référence à une fleur, la violette ? A quoi ressemble-t-elle ? C’est la couleur qui porte maintenant ce nom. A moins que nous la confondions avec la couleur rose, qui vient d’une autre fleur ? Ambre est la couleur de la sève d’une arbre terrestre, qui s’est pétrifiée avec le temps. Qui a déjà vu cette substance ? Grenade désigne un fruit que je n’ai jamais trouvé dans les rapports. Je t’apprendrai de nouveaux noms. Des noms d’ici, créés pour notre présent. » Si je survis

Protectorats de  (Page 212)

Dans la nouvelle Les Yeux de la forêt

Ray Nayler: Protectorats (French language, 2023, Le Bélial')

« Rappelez-moi comment vous êtes morte ? – À quel moment ? – La dernière …

L’humanité fantasme depuis longtemps sur le fait de pouvoir aller et venir à travers le temps. C’était le voyage temporel évoqué par les intrigues de nos livres. L’explorateur temporel de H. H. Wells retourne au jour de son départ, et au même âge, mais doué de sagesse et méfiance – avant de repartir. Mais nous savons maintenant que la matière ne peut pas revenir de la simultanéité. Et qu’on ne peut pas regarder à l’intérieur ni éviter les incertitudes de la date et de la position interpolées à partir de notre présent. En outre, et c’est la plus grande des frustrations, aucun mouvement n’est possible en direction du futur. Je veux bien admettre que c’est une limite de la technologie actuelle ; que nous n’avons pas encore découvert le moyen d’effectuer ce mouvement. Ou alors, comme certaines théories l’affirment, il n’y pas de futur : c’est le moment présent qui constitue notre machine temporelle. Il représente la pointe de la flèche du temps, plongeant à tout jamais dans le vide qui s’étend devant nous.

Protectorats de  (Page 22)

Dans la nouvelle Mélopée pour Hazan

Emmanuel Brault: Tous les Hommes (French language, 2023, Éditions Mnémos)

... naissent et demeurent libres et égaux en droit. A bord de leurs cargos aux …

« Je suis né le jour où je me suis opposé au contremaître », répétait-il à l’envi. Mal lui en a pris, il avait reçu, pour toute réponse, quatre-vingt-quatre coups de fouet avant de s’écrouler d’un seul tenant sur le tarmac. Pas un son n’était sorti de sa bouche, il s’en était fallu de peu qu’il y laissât la peau. Alfred ne savait pas mettre d’eau dans son vin, ce n’était pas là son moindre défaut. Lorsqu’on le rencontrait la première fois, un pli barrait sers joues, deux rides ornaient son front, ses yeux pers faisaient le reste : ce n’est pas possible, il me fait la gueule, se disait-on. Comme les autres, je m’y suis laissé prendre, avant de comprendre qu’il était en colère, une colère si gigantesque qu’elle transparaissait dans chacun de ses gestes, au moindre de ses mots. Moi le premier, je l’avais pris à la légère, mettant son attitude sur le compte de son tempérament volcanique. C’était Alfred après tout, ça lui passerait. Il allait pourtant changer nos vies. Il ne faut jamais sous-estimer un homme en colère.

Tous les Hommes de  (Page 7)

1er paragraphe de la partie I

a cité Kimchi Baguette par Silki

Silki: Kimchi Baguette (French language, 2023, Dargaud)

Après huit ans passés en Inde, et cinq en France, Silki s'est intéressée à la …

[Case 1] Au début, je me reniais pour rejeter ces préjugés. – Je suis différente. J’ai les cheveux bouclés et des yeux ronds. Je ne suis pas un cliché ! – Tu viens d’où ? – Corée. – Nord ? Ou sud ?

[Case 2] – Franchement je suis bonne en maths. Pas parce que je suis coréenne mais parce que je suis moi. Parfois j’ai l’impression que les gens ne me considèrent pas et qu’ils mettent de la distance entre eux et moi.

[Case 3] J’aimerais mieux que l’on voie les asiatiques comme des humains plutôt que comme des accessoires. – Voilà ! On a une asiatique ! On est ouverts ! – Tu veux juste mon image, pas moi.

[Case 4] – Mais alors, comment faut-il représenter les asiatiques ? – Comme des humains.

Kimchi Baguette de  (Page 11)

Kate Wilhelm: Demain le silence (French language, 2022, Le Passager Clandestin)

En 1970, Kate Wilhelm imagine une époque où l'amour de la nature est synonyme de …

La végétation était pauvre à l’ombre persistante des forêts [de séquoias géants], mais au bord de la rivière, où se trouvait le vaisseau, et dans les clairières, il y avait des buissons, de la vigne et un tapis de mousse vert vif. D’autres endroits étaient envahis d’herbes leur arrivant à la taille, et il avait aperçu au loin un bosquet d’arbres à feuilles caduques lors de l’une de ses explorations. Mais pas de vie animale. Pas d’oiseaux. Pas d’insectes. Pas de poissons. Et partout, le silence. Tandis qu’il s’endormait, le silence devint une entité, un être doté de bras pour le bercer et de doigts apaisants qui s’insinuait en lui, caressant sa chair et soignant ses nerfs à vif, ses nerfs brisés.

Demain le silence de  (Page 10)