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GilB

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A rejoint ce serveur il y a 2 années, 8 mois

Je lis beaucoup de SF et de BD mais aussi de la littérature japonaise et américaine. Déjà utilisateur de Bookwyrm, je repars à zéro sur cette nouvelle instance. Je suis aussi sur Mastodon

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Livres de GilB

Auriane Velten: Cimqa (Paperback, French language, 2023, Éditions Mnémos)

[4e de couverture] Imaginez que le monde ait un jour le hoquet ; des créatures …

«  Je ne suis pas assez forte ! – Personne ne l’est. – Toi… Tu l’étais non ? Je l’étais. » La fille penche la tête, pensive, tandis que Sara se souvient. Quand elle était petite, et adolescente, elle a remporté quelques combats. Elle avait l’impression de choisir sa vie. «  C’est que je ne suis pas seule, conclut la fille ? Mais surtout… – Oui ? – Je ne suis pas adulte. – Alors c’est trop tard pour moi. – Ça veut juste dire que je ne crois pas à toutes vos règles. Elles sont idiotes. – Il suffit pas de vouloir, pour changer le monde ! – Non, mais c’est un bon début. Pose un acte : tu te sentiras mieux. – Tu crois vraiment ? – Ça se tente. »

Cimqa de  (Page 248)

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Plume D. Serves: Nous sommes la poussière (Hardcover, français language, Les Moutons électriques)

La vie d’Elias est une course d’obstacles. La vingtaine, elle tente de suivre ses études …

J’ai lu récemment Nous sommes la poussière, de Plume D. Serves ( @Eva@imaginair.es )

J’ai beaucoup aimé ce récit. On suit quelques années de la vie d’Elias, qui a été diagnostiquée « magnétophile ». Son rapport à la magnétophilie, ses luttes contre le validisme, mais aussi ses relations avec ses proches, parents, amies, amantes. À travers cette pathologie imaginaire, on devine différents handicaps bien réels, plus ou moins visibles. En tant que valide, ce récit m’a fait réfléchir. Ça n’est pas qu’une allégorie sur la maladie, mais aussi un portrait de femmes, humaines, très attachantes. Grâce à cela, le récit permet de dépasser la prise de conscience pour faire, un peu, l’expérience du validisme.

Deux petits regrets, sur la forme (entre les chapitres se glissent deux autres histoires, deux autres points de vue, mais je n’ai pas adhéré au procédé) et le dénouement. Mais ce ne sont que …

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a publié une critique de Triste tigre par Neige Sinno

Neige Sinno: Triste tigre (EBook, français language, 2023, P.O.L)

J'ai voulu y croire, j'ai voulu rêver que le royaume de la littérature m'accueillerait comme …

Dur, bouleversant et nécessaire

Triste Tigre est un livre qui ne laisse pas indemne. Parler de l'inceste est difficile, le lire aussi, et Neige Sinno annonce dès les premières pages qu'elle n'épargnera pas lae lecteurice des horreurs qu'elle a vécu. Mais dès qu'on a digéré les faits qu'elle décrit, on trouve ensuite un livre fascinant et très beau. Qui va pêle-mêle parler de son procès, de sa prise de conscience de ces horreurs, de ses doutes par rapport à ce livre, de la complexité de la dualité victime-bourreau. C'est brut, c'est dur, ça bouleverse et ça a besoin d'être dit, besoin d'être lu. Le sujet de l'inceste est tabou parce qu'on refuse de confronter les horreurs qu'il représente, ce qu'il permet qu'il continue. J'ai acheté ce livre en sachant que je n'avais pas envie de le lire, je l'ai fait suivre pendant deux mois avant de commencer la première page parce qu'il fallait que …

Auriane Velten: Cimqa (Paperback, French language, 2023, Éditions Mnémos)

[4e de couverture] Imaginez que le monde ait un jour le hoquet ; des créatures …

« Sara, est-ce que je peux t’aider ? » La fille est la même, mais le lieu est radicalement autre. Sara reconnaît sa forêt, celle qu’elle a créée pour le Chaperon. Elle n’en est pas vraiment surprise. Les techniciens cimqa passent de si nombreuses heures à penser leurs créations que celles-ci finissent souvent dans leurs rêves. «  On m’a dit comment faire, explique la fille. J’espère que ça ira mieux. » Toujours cette incapacité à avoir peur. Par contre, les mots de l’inconnue mettent Sara en colère. Elle ne saisit rien de ce qui se passe, de ce que cette fille fait ou croit faire, mais elle comprend qu’elle s’est fait voler sa forêt. « C’est à moi, ça ! Où tu l’as trouvée ? – Ben, dans tes rêves. C’est très joli. » L’inconnue est agaçante. Elle semble prendre Sara de haut, lui octroyer son aval. « Mais qui es-tu ? insiste Sara. – Je crois que je peux t’aider. – M’aider, moi ? »

Cimqa de  (Page 84)

Auriane Velten: Cimqa (Paperback, French language, 2023, Éditions Mnémos)

[4e de couverture] Imaginez que le monde ait un jour le hoquet ; des créatures …

La fée, c’est la préférée de Sarah, alors elle a pris une grande inspiration avant de continuer. « Clochette, c’est d’abord une lumière, mille et mille et mille fois plus forte qu’une lampe, et beaucoup plus jolie. Elle va très très vite, rapide comme l’éclair, petite comme une luciole, puissante comme un laser. Et quand elle s’arrête, on voit que Clochette, c’est une fée. » Tout à son histoire, Sarah a tendu la main. Et la fée est apparue, sur sa paume – elle était toute chaude, avec le bout des pieds qui pétille. Le maître a sauté très haut, et a failli tomber sur son bureau : ça a fait beaucoup rire tout le monde, et Sarah était plutôt contente, jusqu’à ce que le maître se précipite vers elle, pour regarder sa main. Mais il n’y avait plus rien, Clochette était partie.

Cimqa de  (Page 29)

Julia Kerninon: Liv Maria (Paperback, French language, 2022)

Née sur une petite île bretonne, Liv Maria grandit au milieu des livres. A dix-sept …

Alors, plus tard, elle était montée au premier étage frapper à la porte du touriste. Assis sur son lit, il avait déplié pour elle ses cartes et ses guides de voyage, il lui avait parlé des pays qu’il avait vus et l’avait interrogée sur ce qu’elle désirait. – Je ne sais pas, avait murmuré Liv Maria, butée. – A quoi tu penses, quand tu penses à L’Amérique latine ? avait demandé le touriste après un silence. – À Pablo Neruda. – Vingt poèmes d’amour et une chanson désespérée, avait souri le touriste. Parfait. Alors, c’est au Chili que tu vas aller. C’est aussi simple que ça.

Liv Maria de  (Page 84)

Julia Kerninon: Liv Maria (Paperback, French language, 2022)

Née sur une petite île bretonne, Liv Maria grandit au milieu des livres. A dix-sept …

Après avoir reposé sa tasse, elle avait remarqué : – On dirait que ta mère t’a envoyée ici pour que tu apprennes à parler le plus de langues possible. Ou peut-être juste pour que tu apprennes à parler. En prononçant cette dernière phrase, elle avait fixé Liv Maria. Elle ne lui avait pas demandé la véritable raison de sa venue ici, mais elle avait dit ça, et elle l’avait regardée en face. Liv Maria avait chuchoté : – Je ne sais pas. Elle ne parle presque pas, ma mère. – Oui, je sais ça aussi, avait répondu Bettina. Mais on dirait qu’elle a d’autres ambitions pour toi.

Liv Maria de  (Page 44)

a interrompu la lecture de Terra Humanis par Fabien Cerutti

Fabien Cerutti: Terra Humanis (Paperback, French language, 2023, Les Édition Mnémos)

Dans un futur proche, une femme entourée d’un groupe d’amis fidèles s’engage à mettre en …

Je n'ai pas du tout accroché pour ce roman d'anticipation utopique. Les chapitres sont souvent très courts, les allers-retours entre le présent et le passé des personnages m'ont paru artificiels. C'est plus un essai romancé d'utopie écologique selon moi. Un rendez-vous raté. Et puis j'ai toujours du mal quand le récit repose sur des personnes exceptionnelles (ici une héroïne avec un QI de 250).

a terminé la lecture de Station Eleven par Emily St. John Mandel

Emily St. John Mandel: Station Eleven (français language, 2016, Payot & Rivages)

Un soir d’hiver à l’Elgin Theatre de Toronto, le célèbre acteur Arthur Leander s’écroule sur …

Je suis heureux d’avoir croisé la route de Kirsten, Clark, Jeevan, Arthur, Miranda, … les personnages qui peuplent ce roman avec leur humanité, leur courage, leur faiblesse. La structure de ce roman est au départ déroutante avec des allers-retours vers plusieurs périodes de leurs vies, sans que ce soit chronologique. Puis le récit se met en place, les histoires s’entremêlent, des liens tenus ou forts se font entre eux. On les accompagne tous et toutes dans des moments cruciaux de leurs vies, que ce soit avant, pendant ou après le « cataclysme ».

a cité Station Eleven par Emily St. John Mandel

Emily St. John Mandel: Station Eleven (français language, 2016, Payot & Rivages)

Un soir d’hiver à l’Elgin Theatre de Toronto, le célèbre acteur Arthur Leander s’écroule sur …

Il prenait soin de se raser tous les trois jours. Les toilettes pour hommes, dépourvues de fenêtres, étaient éclairées seulement par des bougies parfumées provenant de la boutique-cadeaux – dont le stock diminuait –, et il fallait faire chauffer l’eau dehors, sur le feu, mais Clark estimait que l’effort en valait la peine. […] Le vingt-septième jour, il se fit soigneusement une raie au milieu et se rasa entièrement le côté gauche de crâne. «  C’est la coiffure que j’avais entre dix-sept et dix-neuf ans », expliqua-t-il à Dolores quand celle-ci haussa un sourcil interrogateur. Dolores était une voyageuse d’affaires, célibataire et sans famille, ce qui faisait d’elle l’une des personnes les plus saines d’esprit de l’aéroport. Clark et elle avaient un arrangement : ils s’étaient promis de se prévenir mutuellement si l’un ou l’autre commençait à montrer des signes de démence. Ce qu’il n’avoua pas à Dolores, c’est qu’après de longues années de respectabilité professionnelle, il se sentait à nouveau lui-même avec cette coupe de cheveux.

Station Eleven de  (Page 355 - 356)